Not Dazzling But Not Invisible : The Ugandan Middle Classes as "Somewhere in Between"
En janvier 2016, la chaîne de supermarchés kenyane Uchumi a déposé le bilan de ses filiales ougandaises en raison de pertes continues. Elle n’est pas la seule : des groupes comme Nestlé, Coca Cola or Barclays se retirent progressivement du continent africain et les récentes études – celle du Global Wealth Databook du Crédit Suisse ou du Pew Research Center – suggèrent que la taille de la classe moyenne africaine est sans doute plus réduite que ce qui avait été affirmé jusque-là. Ainsi, la frénésie de ces dernières années autour l’émergence de l’Afrique (Mahajan, 2009) et de la classe moyenne africaine n’était-elle que spéculation ?
Dans l’espoir de mieux comprendre les transformations sociales et économiques du continent, il semble nécessaire de détourner son regard de la vitrine attrayante que constituent des économies telles que le Kenya et l’Afrique du Sud, et de considérer des pays dont la croissance est régulière, mais qui sont encore loin d’accueillir une classe moyenne bien établie. Ces classes moyennes-ci ne font pas leurs courses dans des centres commerciaux, elles ne conduisent pas de voitures et ne partent pas en vacances. Ces foyers se caractérisent avant tout par l’amélioration de leurs niveaux de vie au regard de la génération précédente, particulièrement dans les domaines de l’éducation, des revenus, et du logement. Cependant, ils se sentent encore particulièrement vulnérables, et ne tiennent pas ces progrès pour acquis. Cette sensation de vulnérabilité influe fortement sur leurs choix de consommation, et pourrait les empêcher de devenir les « consommateurs de demain » tellement attendus.
Les dépenses en alimentation : les choix de consommation des classes moyennes ougandaises.
Analyser les choix de consommation est une étape primordiale pour définir ce qui constitue les classes émergentes ougandaises. Où font-elles leurs courses ? Quelles sont les priorités de leurs budgets ? S’illustrent-elles dans la consommation ostentatoire, symbole d’une richesse récemment acquise, ou sont-elles encore occupées à subvenir à leurs besoins élémentaires ?
Ce contenu est disponible est anglais : Not Dazzling But Not Invisible : The Ugandan Middle Classes as "Somewhere in Between"
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.
Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.