Politique et réseaux sociaux : influenceurs et blogueurs dans le jeu politique camerounais
Le 12 octobre 2025, les élections présidentielles au Cameroun vont voir Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, briguer un nouveau mandat de sept ans. C'est l'occasion de revenir sur les différents travaux menés par l'Ifri ces dernières années sur le Cameroun traitant des problèmes de sécurité (Boko Haram - questions autour du sécessionnisme des provinces anglophones - enjeux liés à la communauté Peul...), des questions politiques ou des relations du pays avec la Chine.
Du fait de leur rapide expansion, les réseaux sociaux, notamment Facebook, sont devenus le nouveau champ d’expression des luttes sociopolitiques au Cameroun. Ces nouveaux supports de communication ont facilité la libération de la parole politique et l’extension de l’espace médiatique.
Dans ce contexte, on assiste à l’émergence d’une catégorie de communicants politiques désignés par diverses appellations (« web blogueurs », « e-activistes », « influenceurs », etc.) qui, à longueur des journées, partagent des opinions et des informations (vraies ou fausses) sur les affaires du pays.
Cette Note met en évidence le rôle des influenceurs et blogueurs dans la politique au Cameroun. Ces entrepreneurs politiques de l’ère numérique sont parties prenantes des affrontements et des luttes de positionnement liés à la perspective de la fin biologique de la présidence de Paul Biya. La connaissance de ces nouveaux acteurs politiques est devenue indispensable pour comprendre la politique camerounaise. Ces influenceurs qui forment plusieurs catégories (les cybermilitants, les justiciers et les mercenaires numériques) proviennent souvent du monde des médias et entretiennent des relations essentiellement clientélistes avec la classe politique. Si certains d’entre eux sont de véritables militants politiques, d’autres sont des mercenaires de la communication animés par l’appât du gain. Par conséquent, tandis que les confrontations politiques s’intensifient sur le Net entre l’opposition et le régime, ainsi qu’entre les caciques du régime, le marché du chantage politique se développe.
Cette note a été réalisée par l'Ifri pour la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées dans le cadre d'un partenariat entre l'Observatoire de l'Afrique de l'Est et Centrale et l'Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA-Nairobi).
À la veille des élections du 12 octobre 2025 au Cameroun, le Centre Afrique sub-saharienne de l'Ifri vous propose ses analyses sur ce pays parues récemment :
La politique nationale de DDR des ex-combattants de Boko Haram à l’Extrême-Nord du Cameroun. Enjeux, défis et limites (27 novembre 2023)
De la rhétorique du gagnant-gagnant à la réalité : l’exemple de l’asymétrie des relations sino-camerounaises (29 juin 2022)
Les Peuls Mbororo dans le conflit anglophone : des luttes foncières locales au conflit régional (15 juin 2022)
Boko Haram dans la région de l’extrême-Nord du Cameroun : L’arbre qui cache la forêt (8 juin 2022)
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Politique et réseaux sociaux : influenceurs et blogueurs dans le jeu politique camerounais
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesUne élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.
La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne
La guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, s’est rapidement internationalisée. La Russie et l’Ukraine se sont très vite efforcées de mobiliser leurs alliés afin d’obtenir un soutien politique et diplomatique, ainsi que des ressources militaires et économiques. Mais les deux belligérants ont aussi cherché à recruter des étrangers à titre privé pour soutenir leurs efforts de guerre respectifs. Cette politique est globale et s’étend de l’Amérique latine à l’Extrême-Orient. L’Afrique subsaharienne, dans ce panorama, présente un intérêt particulier car elle constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible, en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone conjugués à un important désir d’émigration.