La Grande-Bretagne et l’Afrique : les retournements stratégiques de Boris Johnson
Etudes de l'Ifri, mai 2021
En 2020-2021, le Premier ministre Boris Johnson a entrepris de modifier en profondeur le mode opérationnel et la stratégie des relations entre le Royaume-Uni et le continent africain, légués par ses prédécesseurs depuis 1997.
Il a mis fin tout d’abord à l’autonomie et la puissance du grand ministère du développement, le Department for International Development (DfID), en le fusionnant avec le Foreign Office. Décidant de rendre politique l’octroi de l’aide, il a réduit également son montant en excipant de la récession qui frappait le pays mais contre la législation britannique elle-même.
Sa stratégie de déploiement extérieur, adoptée en mars 2021 et s’appuyant prioritairement sur une « inflexion vers l’Indo-Pacifique », a marginalisé la relation avec l’Afrique à laquelle Theresa May avait voulu donner une nouvelle impulsion dans la perspective du Brexit en 2018. Tout en reprenant son concept de Global Britain, une Grande-Bretagne à vocation mondiale, son successeur semble maintenant vouloir limiter les liens avec l’Afrique à des relations d’affaires – lesquelles sont très impactées par la pandémie de coronavirus –, ainsi qu’à une participation minimale à la sécurisation du continent.
Cette étude analyse de tels retournements dans une perspective historique de fin d’un cycle relationnel. Elle conclut que la politique très personnelle de Boris Johnson envers l’Afrique est trop réductrice pour ne pas devoir être amendée. Négligeant la complexité des positionnements britanniques envers ce continent, notamment sur l’aide et les droits fondamentaux, elle devra aussi, en réaffirmant la force de la relation stratégique avec les États-Unis, s’adapter à la nouvelle politique africaine de l’administration Biden.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La Grande-Bretagne et l’Afrique : les retournements stratégiques de Boris Johnson
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesUne élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.
La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne
La guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, s’est rapidement internationalisée. La Russie et l’Ukraine se sont très vite efforcées de mobiliser leurs alliés afin d’obtenir un soutien politique et diplomatique, ainsi que des ressources militaires et économiques. Mais les deux belligérants ont aussi cherché à recruter des étrangers à titre privé pour soutenir leurs efforts de guerre respectifs. Cette politique est globale et s’étend de l’Amérique latine à l’Extrême-Orient. L’Afrique subsaharienne, dans ce panorama, présente un intérêt particulier car elle constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible, en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone conjugués à un important désir d’émigration.