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La Chine en Asie centrale, un nouvel acteur de sécurité en zone d’influence russe

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Diploweb.com : la revue géopolitique, 14 février 2018
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Que veut la Chine en Asie centrale ? La Chine est de plus en plus présente en Asie centrale, depuis les années 1990, dans les domaines économique et sécuritaire. Sur le plan économique l’attrait de la Chine pour l’Asie centrale a d’abord été motivé par les ressources énergétiques, notamment les hydrocarbures kazakhs puis turkmènes, ainsi que par les débouchés potentiels sur de nouveaux marchés d’exportation. Depuis l’annonce du lancement de l’initiative de « Ceinture économique de la route de la soie » par le président Xi Jinping au Kazakhstan en 2013, les accords commerciaux et projets d’infrastructures d’énergie et de transport portés par Pékin s’y multiplient.

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Dans le domaine sécuritaire, la Chine s’implique de diverses manières, tant sur le plan bilatéral que multilatéral. Toutefois, l’engagement chinois dans la sécurité peut s’avérer sensible dans une région historiquement dominée par la puissance russe.

Pourtant, l’implication de la Chine dans la sécurité en Asie centrale ne semble pas créer de rivalité entre Moscou et Pékin. Cela s’explique par la nature de l’implication chinoise, limitée et circonscrite à la protection des frontières, loin des velléités d’influence stratégique sur les pays d’Asie centrale qu’on lui prête parfois et des ambitions d’établir des alliances militaires. La stratégie chinoise en Asie centrale, que l’on peut qualifier d’égocentrique, sert en réalité des intérêts nationaux strictement intérieurs, plutôt qu’une volonté expansionniste. De même pour le domaine de la sécurité, Pékin se préoccupe de la stabilité de son voisinage proche en premier lieu pour la sécurité de son territoire national, dont la principale menace aujourd’hui est le terrorisme jihadiste.

La Chine est donc un acteur de sécurité en Asie centrale, et un acteur de plus en plus actif sur le plan de la coopération tant bilatérale que multilatérale. Mais les motivations qui poussent Pékin à s’impliquer dans les questions de sécurité régionale n’en restent pas moins limitées à des intérêts strictement nationaux et intérieurs. La Chine ne montre pas de signe d’une volonté de remplacer la Russie comme puissance dominante en Asie centrale. Ainsi, la République populaire de Chine ne constitue pas, en l’état actuel des choses, un concurrent stratégique pour la Russie. De son côté, Moscou considère Pékin comme un concurrent économique dans sa sphère d’influence, mais, tout en restant vigilante, ne semble pas préoccupée outre mesure par le rôle de la Chine en matière de sécurité.

Compte tenu du contexte sécuritaire volatil, une crise sécuritaire majeure en Asie centrale ou dans le nord de l’Afghanistan pourrait entraîner un changement de posture des puissances russe et chinoise. Toutefois, à horizon prévisible, il est très peu probable que la Chine dispose de la capacité militaire et de la volonté politique pour intervenir directement sur le théâtre (ou alors de manière limitée dans des zones frontalières comme au Tadjikistan par exemple), contrairement à la Russie. Dans un contexte de crise, Pékin pourrait apporter un soutien utile, mais Moscou resterait la garantie de sécurité numéro un.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site Diploweb.com : La Chine en Asie centrale, un nouvel acteur de sécurité en zone d’influence russe

 

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Marc JULIENNE

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Directeur du Centre Asie de l'Ifri
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L’Asie est le théâtre d’enjeux multiples, économiques, politiques et de sécurité. Le Centre Asie de l'Ifri vise à éclairer ces réalités et aider à la prise de décision par des recherches approfondies et le développement d’une plateforme de dialogue permanent autour de ces enjeux.

Le Centre Asie structure sa recherche autour de deux grands axes : les relations des grandes puissances asiatiques avec le reste du monde et les dynamiques internes des économies et sociétés asiatiques. Les activités du Centre se concentrent sur la Chine, le Japon, l'Inde, Taïwan et l'Indo-Pacifique, mais couvrent également l'Asie du Sud-Est, la péninsule coréenne et l'Océanie.

Le Centre Asie entretient des relations institutionnelles suivies avec des instituts de recherche homologues en Europe et en Asie et ses chercheurs effectuent régulièrement des terrains dans la région.

Il organise à Paris tables-rondes fermées, séminaires d’experts, ainsi que divers événements publics, dont sa Conférence annuelle, avec la participation d’experts d’Asie, d’Europe ou des Etats-Unis. Les travaux des chercheurs du Centre et de leurs partenaires étrangers sont notamment publiés dans la collection électronique Asie.Visions.

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Marc JULIENNE, « La Chine en Asie centrale, un nouvel acteur de sécurité en zone d’influence russe », Articles, Ifri, 14 février 2018.
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