A la recherche de la régulation perdue : quelles règles du jeu pour l'après-Cancun ?
Après les échecs de Seattle et de Cancun, le cycle de négociations engagé à Doha est condamné à repartir si l’Organisation mondiale du commerce (OMC) veut conforter sa vocation à devenir l’organisation de « toute » la mondialisation.
Mais sur quelles bases? Les partisans d’un cycle large, incluant produits culturels et normes sociales et environnementales, se heurtent à ceux d’un cycle du développement qui prendrait en compte les intérêts des pays du Sud, ainsi qu’aux opinions publiques et aux altermondialistes, eux aussi méfiants à l’égard d’un cycle englobant toutes les dimensions de la vie économique et sociale. Mais, pour que le cycle de Doha ne se limite pas au seul sujet de l’accès au marché, réclamé par le Sud, il serait nécessaire qu’une architecture cohérente et globale soit, au minimum, repensée, en particulier par les États-Unis et l’Union européenne, aujourd’hui en première ligne.
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Des empires dans tous leurs États
L’idée d’empire s’est concrétisée en Europe dans une histoire complexe, héritière de l’éclatement de l’empire romain, du Saint-Empire romain germanique à l’empire austro-hongrois et à celui des tsars. Les empires peuvent être des facteurs de paix en internalisant les conflits, mais aussi, comme au xxe siècle, facteurs de guerre. Leur dissolution conduit souvent à l’instabilité ; mais leur mode de fonctionnement pré-national pourrait aussi aider à penser le post-national.
Les débats contemporains sur « la fin des États »
La thématique de « la fin des États » a suscité de vigoureux débats dans les cercles universitaires dans les années 1970 et à la fin de la guerre froide. Ils ont connu de nouveaux développements après le 11 septembre 2001, la crise économique de 2008, le Brexit et la victoire de Donald Trump. Si l’on examine ces débats à travers un triple prisme – stratégique, économique et morphologique –, on s’aperçoit que l’opposition entre disparition et résistance des États est largement stérile.
Danser avec les États
Depuis les années 1990, l’Europe a connu un processus de fragmentation, et ses États les plus anciens subissent aujourd’hui des tentations sécessionnistes. Ailleurs, nombre d’intégrités territoriales ont volé en éclat et la mondialisation accouche, de fait, d’une multiplication des structures étatiques. Sur l’impuissance de nombre des nouveaux États rôde l’ombre des empires, mal disparus ou renaissants, et la sécession ne garantit pas le fonctionnement harmonieux des nouveaux États.
Chine : l’énergie, un enjeu stratégique
Les besoins énergétiques de la Chine sont très importants et vont continuer à augmenter. Du développement économique et de la réduction de la pauvreté dépend la stabilité du Parti communiste. Pékin est déjà le premier importateur de pétrole et de gaz et le premier producteur et consommateur de charbon. Le facteur énergétique joue un rôle central dans les décisions stratégiques des dirigeants chinois qui font preuve d’un « internationalisme utilitariste fortement teinté de Realpolitik ».