Kurdistan : l’indépendance en balance - Politique étrangère, vol. 82, n° 4, 2017
Depuis un siècle, les mouvements kurdes sont à la recherche des éléments constitutifs d’un État. Les Kurdes irakiens sont sans doute les plus avancés sur cette voie. Mais leur discours indépendantiste a connu plusieurs phases et des mutations considérables. Les conditions objectives, locales et internationales, sont aujourd’hui défavorables à l’indépendance du Kurdistan. La pan-kurdisme n’existe plus et l’indépendantisme kurde irakien aura du mal à se concrétiser en État.
Adel Bakawan est sociologue, directeur général du Kurdistan Centre for Sociology (KCS) de l’université de Soran, et chercheur associé au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 82, n° 4, 2017.
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Kurdistan : l’indépendance en balance - Politique étrangère, vol. 82, n° 4, 2017
Piraterie et insurrections dans le golfe de Guinée
Le golfe de Guinée est une voie de navigation importante et recèle des richesses – notamment pétrolières – qui suscitent convoitises et tensions. Les États de la région, soutenus par la communauté internationale, tentent de se mobiliser face à la piraterie. Une autre source d’instabilité menace la région : les mouvements insurrectionnels et sécessionnistes, en particulier dans le delta du Niger et dans l’Ambazonie, c’est-à-dire la partie anglophone du Cameroun.
Europe centrale : l’Initiative des Trois mers
Lancée en 2016, l’Initiative des Trois mers réunit 12 pays d’Europe centrale, membres de l’UE, pour renforcer la coopération économique dans l’espace entre la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire, selon un axe Nord-Sud. Le sommet de l’Initiative à Varsovie a été marqué par la présence du président des États-Unis. Donald Trump y a exprimé son appui, en abordant les questions de coopération dans deux domaines stratégiques : l’énergie et la défense. Depuis, l’Initiative a gagné en visibilité.
America First au pouvoir
Avec Mike Pompeo et John Bolton, le président Trump entend prendre directement la main sur les options de politique étrangère, même s’il n’est pas aisé de replacer une doctrine Trump dans la continuité des écoles diplomatiques américaines. L’arrivée de Pompeo et Bolton est aussi la mise sur la table de cartes utiles dans une stratégie de tension permanente, sur l’Iran, la Syrie ou la Corée du Nord. L’appel aux normes et aux valeurs reste vain face à une stratégie privilégiant les intérêts.
L’Inde peut-elle devenir une grande puissance ?
L’Inde de Modi ambitionne le statut de puissance globale, mais elle ne l’a pas encore gagné. La multiplication des défis proches, avec le Pakistan ou la Chine, contraint Delhi à mobiliser ses forces pour tenter de stabiliser son environnement. Sur le plan interne, les instabilités à base ethnique, ou sécessionnistes, se traduisent souvent par des attaques terroristes, et limitent la marge de manoeuvre extérieure du gouvernement, comme les pesanteurs de la bureaucratie des Affaires étrangères.