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Kosovo, l'État entravé

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Politique étrangère, n° 4, vol. 87, hiver 2022
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Le dialogue entre la Serbie et le Kosovo animé par Bruxelles ne laisse entrevoir aucune solution durable, au-delà d’ajustements de court terme. La politique d’élargissement de l’Union européenne, peu crédible et manquant de cohésion entre les membres mêmes, ne joue plus son rôle d’accélérateur pour le règlement des crises. De nouveaux choix politiques s’imposent aux Européens dans un nouveau cadre géopolitique, alors que la Russie renforce son emprise sur le « monde serbe ».

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Le problème de la contestation de l’État du Kosovo occupe Bruxelles depuis désormais plus de dix ans. Dans le nouveau contexte géopolitique forgé par la guerre russe en Ukraine, il apparaît plus urgent que jamais d’avancer sur cette question. L’enjeu dépasse la simple résolution d’un désaccord bilatéral sensible et devenu préjudiciable pour l’ensemble de la région. Il s’agit également pour l’Union européenne (UE) d’une quête d’autonomie stratégique, qui ne pourra aboutir qu’à travers une plus grande convergence sur ces questions.


Le 17 février 2008, il y a presque quinze ans, le Kosovo déclarait formellement son indépendance. Aussitôt reconnu par la plupart des pays du monde occidental, dont bien évidemment la France, le plus jeune État d’Europe avait déjà affronté de nombreuses difficultés. Une décennie plus tôt, le Kosovo avait été saigné à blanc par une guerre totale menée depuis Belgrade par le régime criminel de Slobodan Milošević. Le pays, qui avait désespérément besoin de se reconstruire, avait ensuite reçu un soutien décisif de la part de l’UE et de la communauté internationale, et avait engagé, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU), des négociations avec la Serbie afin de régler la question de son statut international (ce que l’on a alors appelé les négociations de Vienne). En vain. Soutenue par la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU, la Serbie s’est opposée à la proposition qui aurait pu mettre fin au désaccord avec le Kosovo, arguant que l’ancienne province autonome de la République fédérale de Yougoslavie ferait pour toujours partie du territoire serbe.


Suite à la déclaration d’indépendance du Kosovo de 2008, l’UE a pris la tête du processus de négociation afin de faciliter les discussions entre Belgrade et Pristina. Toutefois, après plus de dix ans de négociations arbitrées par Bruxelles et vingt ans de promesses d’adhésion à l’UE, la contestation serbe de l’État du Kosovo n’a pas reculé. […]


PLAN

  • Le dialogue Belgrade-Pristina : une impasse
  • Le Kosovo, entre ambitions fluctuantes et manque de préparation
  • Défiance serbe et intérêt minime à résoudre le problème
  • La porte d’entrée de la Russie dans les Balkans
  • La politique d’adhésion de l’UE n’est pas une panacée
  • L’alignement sur le statut du Kosovo : une question d’autonomie stratégique européenne


Florent Marciacq, docteur en science politique, est secrétaire général-adjoint du Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe (CFA), codirecteur de l’Observatoire des Balkans à la Fondation Jean-Jaurès et chercheur associé au Centre international de formation européenne.

Donica Emini, doctorante en science politique, est membre du Balkans in Europe Policy Advisory Group et directrice de CiviKos Platform.

Traduit de l’anglais par Cadenza Academic Translations.

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Kosovo, l'État entravé

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En attendant le retour de l'Etat...

Date de publication
21 décembre 2021
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L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

Alain ANTIL Elodie RICHE Anne SAVEY
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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

Date de publication
21 décembre 2021
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La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.

Vivien SCHMIDT
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L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation

Date de publication
21 décembre 2021
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L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.

Maxime LEFEBVRE
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Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?

Federico FABBRINI

Comment citer cette étude ?

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Florent MARCIACQ, Donika EMINI, « Kosovo, l'État entravé », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2022.
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Kosovo, l'État entravé