Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

La Chine, championne technologique ou géant empêtré ?

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 85, n° 1, 2020
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°1 printemps 2020
Accroche

La Chine est-elle le chef de file de l’innovation mondiale, et donc le premier concurrent technologique des économies occidentales ? La réalité est plus ambiguë. Les responsables chinois diagnostiquent au contraire un retard notable du pays, auquel est censé remédier le plan Made in China. Le succès est incertain, à la fois du fait de l’ambiguïté des rapports entre politiques publiques et dynamiques privées, et de l’absence de réformes favorables à l’innovation et aux progrès de productivité.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Au regard des « piliers » de la compétitivité, tels que les définit le World Economic Forum, la Chine se distingue par la taille de son économie plus que par l’efficacité de ses marchés et de son système financier, la qualité de ses institutions, la sophistication et le dynamisme de ses entreprises, ses capacités d’innovation ou son niveau d’adoption des technologies de l’information et de la communication (TIC).


Forces et faiblesses de l’appareil productif chinois


Selon McKinsey, les domaines d’excellence de la Chine se situent : dans les secteurs où l’innovation repose sur la connaissance approfondie des besoins des consommateurs (consumer-focused innovation) – tels que les biens d’équipement des ménages, l’électronique grand public, le commerce et les paiements en ligne ; et dans les secteurs où l’innovation consiste en l’amélioration des équipements, des procédés et de l’organisation au niveau de l’entreprise ou du secteur industriel permettant la conquête de parts de marché grâce à une production à faibles coût et prix (efficiency-driven innovation) – tels que le textile, la production de métaux, de médicaments génériques, de produits chimiques de base, d’équipements mécaniques et électriques, ou encore de panneaux solaires, ou la fonderie de semi-conducteurs.


Les entreprises chinoises ont un bilan plus mitigé dans les secteurs où l’innovation procède de progrès incrémentaux (souvent fondés à l’origine sur la rétro-ingénierie) dans l’efficacité des processus de production, le design des produits, la gestion de la chaîne d’approvisionnement (engineering-driven innovation) – tels que les écrans plats, l’automobile, les équipements ferroviaires, les moyens de transports aériens, y compris les drones. La Chine est le premier marché du monde pour l’automobile, mais elle n’a qu’une part modérée du chiffre d’affaires mondial de l’automobile. En revanche, elle domine le chiffre d’affaires mondial dans les équipements ferroviaires, et elle est le plus grand producteur mondial de trains. La Chine a également saisi une part importante (près de 30 %) du marché mondial des équipements de télécommunications.


Enfin, les faiblesses les plus marquées et aussi les plus persistantes de l’industrie chinoise concernent les secteurs où l’innovation repose sur la recherche scientifique (science-based innovation) – tels que la conception des micro-processeurs, la biotechnologie, la chimie et la pharmacie de pointe. Dans ces domaines, la part de marché des entreprises chinoises reste infime par rapport au poids global de l’économie chinoise. […]


PLAN

  • Forces et faiblesses de l’appareil productif chinois
  • La distribution de l’effort de recherche et développement
     - Spécificités de l’innovation des firmes chinoises
     - Innovations ou réformes institutionnelles ?
  • Doper les capacités de recherche et d’innovation
  • Le plan MIC2025 : une rupture
  • Quel impact pour le MIC2025 ?


Patrick Allard est consultant permanent auprès du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Decoration

Contenu disponible en :

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

La Chine, championne technologique ou géant empêtré ?

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.

Pierre CONESA
Image principale

Retour sur la crise du Golfe de 2017

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.

Rachid CHAKER
Image principale

Arabie Saoudite : la guerre des trois n’a pas eu lieu

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

La « saoudité » reste difficile à définir, et elle suggère à la fois un type de débat politique très spécifique et la peur profonde d’une implosion immaîtrisable. C’est dans ce cadre que s’inscrit la relation conflictuelle avec le Qatar, représentant pour Riyad une idéologie des Frères musulmans antagonique avec ses propres conceptions. La modification de l’ordre de succession royal entérine un saut de génération, et un printemps arabe ne semble pas devoir toucher prochainement Riyad.

Jacques-Jocelyn PAUL
Image principale

Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

Depuis une décennie, l’intérêt de la Russie pour l’Arctique s’est développé. Des projets économiques ont vu le jour, en particulier dans le domaine énergétique et en matière de transport maritime. Cette région – qui héberge la plus grande part de l’arsenal nucléaire russe – est importante pour Moscou sur le plan militaire. Si des tensions avec d’autres États arctiques ne sont pas à exclure, la Russie a intérêt à maintenir une stabilité propice au développement économique.

Katarzyna ZYSK
Sujets liés

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°1 printemps 2020
Patrick ALLARD, « La Chine, championne technologique ou géant empêtré ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2020.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°1 printemps 2020

La Chine, championne technologique ou géant empêtré ?