La coopération sanitaire internationale à l’épreuve du COVID-19
La pandémie de COVID-19 a joué un rôle de catalyseur des tensions internationales, en particulier entre la Chine et les États-Unis. Le président américain a fortement critiqué l’Organisation mondiale de la santé, accusée de servir les intérêts de Pékin et d’inefficacité. Pourtant, cette organisation a agi avec célérité et a facilité la coopération sanitaire internationale. Elle œuvre notamment à la production d’un vaccin qui pourrait être considéré comme un bien public mondial.
« Le COVID-19 menace de déchirer le tissu de la coopération internationale. »
Tedros Adhanom Ghebreyesus
Au cours des derniers mois, l’espèce humaine a été confrontée à un nouveau et dangereux membre de la famille des virus à couronne : après le coronavirus SARS-CoV-1, responsable de l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui a débuté en Chine en 2003, puis le MERS CoV apparu en 2012 en Arabie Saoudite, le SARS-CoV-2 est responsable de la pandémie de COVID-19 dont les premières manifestations ont été identifiées fin 2019 en Chine.
Après environ six mois de transmission d’un virus dont le tropisme est l’appareil respiratoire des êtres humains, le bilan au 8 juin 2020 fait état de près de 7 millions de cas recensés et de plus de 400 000 décès, principalement dans les zones Europe et Amériques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La pandémie est encore en cours. La trajectoire et l’intensité de la transmission du virus peuvent réserver des surprises. Toutefois, il est possible de faire quelques premiers constats sur la gestion de cette épidémie. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle s’est d’emblée révélée peu propice à la coopération internationale en matière sanitaire.
L’internationalisation de l’épidémie liée au virus SARS-CoV-2
L’épidémie due au virus SARS-CoV-2, qui s’est déclenchée en Chine dans les dernières semaines de 2019, n’est pas apparue comme une totale surprise. Les risques zoonotiques afférents à la mise en contact de populations humaines denses avec de nombreuses espèces de la faune domestique et sauvage, en particulier dans les marchés d’animaux vivants, sont connus. Les précédentes épidémies à coronavirus en ont déjà été l’expression.
Le premier signalement de cas groupés de pneumonies de cause inconnue à Wuhan, dans la province chinoise du Hubei, a été fait à l’OMS le 31 décembre 2019. Un nouveau coronavirus a vite été mis en cause. Son génome a rapidement été séquencé à partir de plusieurs prélèvements faits en Chine chez des malades, en particulier dans le Hubei. [...]
PLAN
- L’internationalisation de l’épidémie liée au virus SARS-CoV-2
- Le Règlement sanitaire international face aux virus émergents
- La coopération sanitaire internationale mise en pièces par le coronavirus ?
- Derrière les invectives, une réelle coopération sanitaire internationale
- Dans le cadre du Règlement sanitaire international - La coopération internationale en vue de l’accès à un vaccin
Membre de l’Académie nationale de médecine, Didier Houssin est président du Comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le cadre de l’épidémie de COVID-19.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La coopération sanitaire internationale à l’épreuve du COVID-19
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesFaut-il créer une agence de renseignement européenne ?
Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.
Soudan : après la chute d’Omar el-Béchir, les défis de la transition
Le 11 avril 2019, le président du Soudan, Omar el-Béchir, a été poussé à la démission sous la pression de son appareil sécuritaire et des manifestants mobilisés depuis plusieurs mois. Cet événement a mis fin à trente ans d’un régime militaire et islamiste. Il marque le début d’une double transition – post-autoritaire et post-conflit – particulièrement complexe. Le maintien des militaires au pouvoir et l’inclusion des groupes rebelles constituent des défis majeurs.
Internet rattrapé par le droit
À l’origine, Internet apparaissait comme un nouvel espace de liberté. Dépourvu de frontières, il semblait pouvoir s’affranchir du contrôle des autorités étatiques. Toutefois, des dérives et des atteintes à la sécurité ont poussé les États à affirmer leur souveraineté sur le cyberespace. Ce dernier a progressivement été rattrapé par le droit. Toutefois, cette évolution ne se fait pas sans résistance et révèle de fortes tensions entre les États eux-mêmes et entre les secteurs public et privé.
L’espace juridique européen : droit européen et droit national
L’espace juridique européen repose sur un droit dont la prééminence s’est progressivement affirmée sur les corpus juridiques des États, à travers les arrêts des juridictions nationales. Il s’est aussi construit par le dialogue soutenu entre les deux cours européennes, les cours constitutionnelles et les cours suprêmes nationales. Il existe aujourd’hui un ordre juridique propre à l’Europe qui, s’il reste à perfectionner, constitue un élément essentiel de l’idéal démocratique européen.