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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

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Politique étrangère, vol. 85, n° 4, 2020
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Page couverture PE n° 4 2020
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La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.

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« La géographie, c’est le destin » : l’expression de François Heisbourg, formulée après le référendum du Brexit, résume le facteur déterminant, et limitant, des choix du Royaume-Uni. L’histoire est elle aussi ancrée dans la géographie, et les comportements, les sentiments et l’image de soi à l’origine du vote du Brexit joueront leur rôle dans les choix du pays. Satisfaire ses ambitions pourra s’avérer difficile, voire impossible.


Les visions héritées de l’histoire


Tout comme de Gaulle avait « une certaine idée de la France », des générations d’hommes d’État britanniques ont partagé une vision, sinon de l’Angleterre elle-même, du moins de ses forces et faiblesses au-delà de ses frontières. Ainsi, Lord Palmerston (alors secrétaire d’État aux Affaires étrangères) devant les Communes en 1848 : « Nous n’avons ni alliés éternels, ni ennemis perpétuels. Nos intérêts, à l’inverse, le sont. Il est de notre devoir de les suivre. »


Souvent vue comme cynique, l’assertion est plutôt une évidence, ancrée dans une géographie inévitable : la survie et l’autonomie des îles Britanniques dépendent de leur contrôle de la mer et de leur accès aux ressources hors de leurs frontières.


La conquête par le Royaume-Uni d’un empire qui a à la fois enrichi le pays et accru sa dépendance vis-à-vis de la sécurisation de ses routes commerciales peut être vue comme une conséquence seconde de la rivalité franco-anglaise du XVIIIe siècle. À la fin du XIXe siècle, et après une période de calme quasi continu depuis 1815, l’inquiétude a pourtant fait place à une certaine fatuité, décrite par Lord Salisbury comme une politique anglaise « se laissant porter par le courant, et repoussant les obstacles éventuels de sa gaffe diplomatique ».


La guerre des Boers, qui voit le Goliath des empires frappé par la hardiesse et la ruse d’un David néerlandais d’Afrique du Sud, porte un rude coup à cette fatuité. Et les deux guerres mondiales changent radicalement la position du Royaume-Uni sur la scène internationale. La situation de 1918 sape l’assertion de Palmerston. L’équilibre des forces penche vers les États-Unis, nouveau monde mobilisé en contrepoids à l’ancien. Les empires ottoman, russe et austro-hongrois disparaissent. Si le Royaume-Uni reste un empire, sa puissance est revue à la baisse ; et s’il demeure dans son intérêt d’éviter qu’une seule puissance ne prenne le contrôle de l’Europe, le pays entretient alliances et intérêts partagés avec plusieurs démocraties continentales, en particulier la France. […]


PLAN

  • Les visions héritées de l’histoire
  • Les axes diplomatiques des dernières décennies
  • Quel sens pour le Global Britain ?
  • La special relationship : réalités et illusions
  • Une nouvelle liberté ?
  • Une « proposition unique de vente »


Stephen Wall a été conseiller diplomatique du Premier ministre John Major, représentant du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne, et conseiller pour les affaires européennes de Tony Blair.

Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Inès Boulaigue.

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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

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Migrations en Méditerranée : la crise de l’asile

Date de publication
21 décembre 2016
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La croissance économique des Trente Glorieuses, le choc pétrolier de 1973 et la guerre du Golfe de 1991 ont eu un impact très fort sur les migrations dans le bassin méditerranéen. Dans les années 1990 et 2000, l’immigration irrégulière vers l’Europe s’est développée. Les dispositifs de contrôle des flux migratoires conçus à cette époque se révèlent totalement inadaptés à la situation post-révolutions arabes. L’Europe fait désormais face à une triple crise : économique, des réfugiés et de l’asile.

Thibaut JAULIN
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Les politiques méditerranéennes de l’Europe : trente ans d’occasions manquées

Date de publication
21 décembre 2016
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L’Union européenne tente depuis plus de trois décennies de définir une stratégie méditerranéenne. Mais ni le processus de Barcelone, ni la Politique européenne de voisinage, ni l’Union pour la Méditerranée n’ont pu créer une communauté méditerranéenne pour le développement ou la sécurité. Les perspectives actuelles sont peu encourageantes, même si la situation dans nombre de pays de la rive sud, et les conflits du Levant ou du Sahel, rendent une telle stratégie encore plus pressante.

Jean-François DAGUZAN
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L’Office of Net Assessment : plongée au cœur du think tank du Pentagone

Date de publication
20 mars 2017
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La prospective de défense américaine s’est développée depuis plus de quarante ans autour d’une structure originale : l’Office of Net Assessment (ONA). Ce bureau, dirigé jusqu’en 2015 par Andrew Marshall, n’a compté depuis sa création qu’une centaine de collaborateurs directs. Il a toutefois contribué à alimenter tout un écosystème de recherche stratégique. Ses analyses, fondées sur la méthode pluridisciplinaire du Net Assessment, ont eu un impact important, parfois bien au-delà des États-Unis.

Grégory BOUTHERIN
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Arctique : le passage du Nord-Ouest sous tension

Date de publication
20 mars 2017
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Avec la fonte de la banquise arctique s’est développé un discours médiatique et scientifique sur l’intérêt stratégique du passage du Nord-Ouest. La question du statut des eaux du passage du Nord-Ouest pose celle de l’inclusion ou non de ce détroit dans l’espace maritime souverain du Canada. Les relations entre États demeurent cordiales sur le sujet, et il n’y a pas de litige fort entre le Canada et d’autres pays à propos de la souveraineté sur cette route arctique.

Frédéric LASSERRE
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Stephen WALL, « La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2020.
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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin