Les smart cities : ambitions chinoises à l’heure du COVID-19
La Chine développe et exporte des technologies présentées comme indispensables à la sécurité et au bon fonctionnement des villes modernes. Vidéosurveillance, reconnaissance faciale, drones et robots font partie de l’arsenal de ces agglomérations hyperconnectées. Le COVID-19 a été l’occasion pour Pékin de promouvoir les technologies chinoises et renforcer leur utilisation en milieu urbain. Plus que jamais, la Chine ambitionne de devenir le leader mondial des smart cities.
Pour Xi Jinping, qui se présente lui-même comme un grand penseur marxiste et promeut le développement d’un système de notation des individus, il est temps de rénover le socialisme, en intégrant pleinement les outils les plus modernes dans son application concrète. L’essor des technologies est donc aujourd’hui une priorité à la fois idéologique, politique et économique. Il est perçu comme indispensable au contrôle social, au maintien du pouvoir du Parti communiste, à la montée en gamme du marché chinois, et à la consolidation du statut de puissance du pays.
Dans ce contexte, un nombre croissant d’entreprises chinoises deviennent compétitives dans la fabrication des nouvelles technologies, mais aussi dans leur mise en œuvre et leur utilisation au quotidien, sous la supervision du gouvernement central. En particulier, la Chine a fait dès 2012 du développement de la ville dite « intelligente » (smart city) une priorité nationale, et affiche à ce jour une très grande ambition dans ce domaine. Ces huit dernières années, le gouvernement central a multiplié les tests et projets pilotes à travers le pays (par exemple à Wuhan, Tianjin, Shenzhen ou encore Xi’an), où des outils technologiques (caméras, reconnaissance faciale, applications pour smartphones…) sont mobilisés pour la gestion de la pollution, de la circulation et de la mobilité, ou encore de la sécurité – un secteur prioritaire dans la définition de la smart city chinoise.
Les ambitions chinoises en matière de smart cities sortent renforcées de la crise du coronavirus : non seulement le gouvernement a promu les technologies et leur usage en milieu urbain durant la crise, mais il a aussi annoncé un plan de relance économique visant à accélérer le développement de technologies sur le territoire chinois. Plus que jamais, alors que les tensions technologiques avec les États-Unis perdurent et s’étendent bien au-delà de la 5G, la Chine cherche à se positionner comme leader mondial des villes du futur. Cette offre est loin de faire l’unanimité, mais elle a le potentiel de s’imposer progressivement comme référence au moins dans une partie du monde.
COVID-19 et promotion des technologies chinoises
La crise du COVID-19 a accéléré le développement des smart cities chinoises de trois façons. Premièrement, depuis décembre 2019, les autorités chinoises, en coopération avec des entreprises, ont accéléré le test et l’utilisation de différents dispositifs préexistants dans un nombre croissant de villes chinoises. [...]
PLAN
- COVID-19 et promotion des technologies chinoises
- Les smart cities chinoises : modèle alternatif de villes du futur ?
- Tensions sino-américaines : vers un découplage urbain ?
Alice Ekman est analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne (EUISS), et lauréate du Prix du livre géopolitique 2020 pour Rouge Vif. L’idéal communiste chinois, Paris, éditions de l’Observatoire, 2020.
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Les smart cities : ambitions chinoises à l’heure du COVID-19
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