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Soudan : après la chute d’Omar el-Béchir, les défis de la transition

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Politique étrangère, vol. 84, n° 4, hiver 2019
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Le 11 avril 2019, le président du Soudan, Omar el-Béchir, a été poussé à la démission sous la pression de son appareil sécuritaire et des manifestants mobilisés depuis plusieurs mois. Cet événement a mis fin à trente ans d’un régime militaire et islamiste. Il marque le début d’une double transition – post-autoritaire et post-conflit – particulièrement complexe. Le maintien des militaires au pouvoir et l’inclusion des groupes rebelles constituent des défis majeurs.

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Le 17 août 2019, le Conseil militaire de transition (CMT) et les forces pour la liberté et le changement (FLC), réunissant partis d’opposition et organisations de la société civile, signent à Khartoum une déclaration constitutionnelle. Quatre mois après le coup d’État qui a renversé Omar el-Béchir et le régime militaire et islamiste qu’il dirigeait depuis 30 ans, ce document marque formellement le début d’une transition au Soudan, que certains espèrent démocratique. Elle doit prendre fin avec la tenue d’élections générales en 2022. Cette transition résulte en outre de la mobilisation continue, durant plusieurs mois, de milliers de Soudanais, dont la dynamique a démarré le 19 décembre 2018 à Atbara, au nord-est du pays. Ce jour-là, les habitants investissent les rues pour protester contre la hausse du prix du pain et incendient les locaux du parti au pouvoir, le Congrès national (National Congress Party, NCP).
 

La contestation, dans laquelle les femmes sont fortement impliquées, s’étend rapidement à tout le pays, et progressivement à toutes les franges de la population, donnant une ampleur sans précédent à un mouvement dont les revendications vont bien au-delà des conditions de vie matérielles. Ce sont en effet le régime tout entier et son projet de civilisation islamiste qui sont rejetés aux cris de Tasgut bas ! (« La chute, rien d’autre ! »). Au début de 2019, les manifestations se transforment en routine, ce qui semble atténuer leur charge subversive. Mais le mouvement prend un virage déterminant le 6 avril, jour anniversaire de la révolution de 1985, quand les manifestants parviennent à investir les rues avoisinant le quartier général des forces armées à Khartoum et y organisent un sit-in qui perdure jusqu’à sa dispersion violente le 3 juin. Cet espace devient rapidement le cœur de ce que les acteurs eux-mêmes appellent une révolution. Des convois de manifestants venus de régions plus ou moins lointaines, d’Atbara ou du Darfour, convergent vers ce lieu autogéré et investi par les artistes, où se construit un contre-modèle de société. Le sit-in accroît également la pression sur l’armée, que les manifestants appellent depuis le début du mouvement à se placer à leurs côtés, afin de reproduire le scénario des révolutions de 1964 et 1985. L’armée, en coordination avec la milice paramilitaire des Forces de soutien rapide (RSF) et les services de renseignement (NISS), intervient finalement le 11 avril pour pousser Béchir à la démission. […]


PLAN

  • Les racines de la contestation
  • Les acteurs de la révolution
  • Les enjeux d’une transition aux multiples facettes
     

Anne-Laure Mahé, docteur en science politique de l’université de Montréal, est chercheur sur l’Afrique de l’Est à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM).

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Soudan : après la chute d’Omar el-Béchir, les défis de la transition

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L’après-poutinisme en Russie : une succession ouverte ?

Date de publication
21 juin 2019
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Un débat semble s’ouvrir, y compris dans les cercles du pouvoir, sur l’après-Poutine. S’agit-il de maintenir, au-delà de l’actuel président, un État au fonctionnement spécifique par rapport aux normes occidentales ? Le projet purement politique n’est pas seul en cause, tant la dégradation économique et le mécontentement de la population pourraient s’imposer aux dirigeants. L’avenir du régime dépendra largement des choix économiques du gouvernement, de leur succès ou de leur échec.

Vladimir TCHERNEGA
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L’Union européenne vue de Russie

Date de publication
21 juin 2019
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La crise entre l’Union européenne et son voisin russe s’approfondit depuis l’annexion de la Crimée, et nulle solution ne semble annoncer une amélioration de la compréhension mutuelle. Les deux parties ne voient manifestement pas le monde et ses problèmes de la même manière. On essaie ici de reconstituer le schéma narratif russe sur le monde post-guerre froide, de déconstruire la vision russe de l’UE, pour mieux comprendre la nature des divergences et leurs vrais enjeux.

Roman VOLKOV
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Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
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Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN

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Page couverture PE n° 4 2019
Anne-Laure MAHÉ, « Soudan : après la chute d’Omar el-Béchir, les défis de la transition », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 décembre 2019.
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Soudan : après la chute d’Omar el-Béchir, les défis de la transition