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Vers un monde plus sûr - Entretien avec Robert Badinter

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Robert Badinter, Politique étrangère, 3/2005, (automne).
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Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel, a été sénateur des Hauts-de-Seine. Décédé le 9 février 2024, il entre au Panthéon le 9 octobre 2025.

Il a fait partie du Groupe de personnalités de haut niveau chargé par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, de rédiger un rapport rendu public en décembre 2004 sous le titre : "Un monde plus sûr : notre affaire à tous". 

L’Ifri rend hommage à Robert Badinter qui fut membre de son Conseil d’administration, en reproduisant l’entretien qu’il avait accordé à Politique étrangère pour son numéro de septembre 2005. 

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Corps analyses

Le Groupe de personnalités de haut niveau chargé par Kofi Annan de proposer des mesures répondant aux défis nouveaux de sécurité a rendu son rapport en décembre 2004. Ce rapport sert aujourd’hui de base aux réflexions sur les diverses réformes de l’Organisation des Nations unies (ONU) : sur l’encadrement et les modalités de l’usage de la force dans les crises internationales, le terrorisme, la gestion des États "déliquescents", la réforme de la Commission des droits de l’homme ou l’élargissement du Conseil de sécurité. 

 

Politique étrangère : Vous avez été l’un des 16 membres du Groupe de personnalités de haut niveau créé par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, pour proposer une nouvelle conception de la sécurité collective face aux menaces qui pèsent sur le monde à l’orée du XXIᵉ siècle. Le Groupe a déposé son rapport Un monde plus sûr : notre affaire à tous le 1ᵉʳ décembre 2004. Il a été généralement bien accueilli et le secrétaire général l’a salué en termes élogieux. Ce dernier s’est inspiré de certaines recommandations du Groupe dans le rapport qu’il a lui-même présenté en mars 2005, qui doivent être soumises à discussion à l’occasion du sommet extraordinaire qui se tiendra au siège des Nations unies, à New York, en septembre 2005. Pourriez-vous nous préciser, en premier lieu, quelle a été la démarche méthodologique adoptée par le Groupe ?

 

Robert Badinter : Nous avons beaucoup travaillé pendant un an. Nous avons participé à de nombreux séminaires dans divers États, en Amérique, en Europe, en Afrique, en Asie. Nous avons rencontré de nombreuses personnalités internationales : ministres, diplomates, directeurs d’agences des Nations unies ou experts de haut niveau. Pour ma part, j’ai beaucoup appris au cours de ces travaux sur l’état du monde actuel. Notre objectif était de déterminer une meilleure organisation collective face aux périls qui menacent le monde. Il nous fallait donc commencer par analyser ces menaces, puis recommander des politiques pour y faire face et, enfin, proposer des réformes institutionnelles pour mieux conduire ces politiques. À cet égard, le secrétaire général avait insisté, dès notre première rencontre, sur le fait que nous n’étions pas une instance chargée de proposer in abstracto une réforme complète de l’Organisation des Nations unies (ONU). Notre approche devait être pragmatique et non académique. Nous nous sommes efforcés de respecter cette recommandation ; notamment nous avons évité, dans la mesure du possible, d’ajouter encore de nouvelles institutions à l’organigramme existant, déjà si complexe. Enfin, pour permettre une discussion plus aisée, nous avons formulé 101 recommandations qui figurent dans la dernière partie du rapport.

 

P. E. : Le siècle qui s’ouvre est très différent de celui qui a vu naître, il y a 60 ans, l’ONU. Quels périls vous paraissent aujourd’hui menacer ce monde nouveau ?

 

R. B. : Nous avons retenu, pour la clarté de l’analyse, six groupes de menaces. Certaines sont constantes : conflits armés entre États, conflits internes (guerres civiles, conflits interethniques), prolifération des armes de destruction massive (ADM) nucléaires, radiologiques, chimiques ou biologiques. S’y ajoutent les maux d’un autre ordre qui accablent l’humanité : l’extrême pauvreté, la dégradation grave de l’environnement, le VIH/sida et les pandémies. Enfin, des périls nouveaux favorisés par la mondialisation menacent de plus en plus lourdement la sécurité collective : il en va ainsi du terrorisme et aussi de la criminalité transnationale organisée sous ses formes les plus graves : trafic d’êtres humains, d’armes et de stupéfiants. Pour combattre ce dernier fléau, nous avons formulé des recommandations fermes dans notre rapport, notamment s’agissant de la lutte internationale contre les transferts illicites de fonds d’origine criminelle, la corruption transfrontalière et la lutte contre les paradis fiscaux qui favorisent l’impunité et le développement du crime organisé.

 

PLAN DE L'ENTRETIEN

Quelles réponses à ces menaces nouvelles ?

Le devoir de protection

Les réformes institutionnelles

 

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Vers un monde plus sûr - Entretien avec Robert Badinter

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Auteur(s)
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La Géorgie et son occupation

Date de publication
22 septembre 2021
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Gilles CARASSO
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Le mouvement barelvi : du soufisme au terrorisme

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

Le barelvisme a été créé au début du xxe siècle par Ahmad Riza Khan. Il s’agissait à l’origine d’un mouvement religieux soufi qui s’est peu à peu politisé. Ses membres militent pour l’islamisation de la société, tout en s’opposant à d’autres groupes inspirés du wahhabisme. Après les attentats du 11 Septembre, le soufisme a été présenté comme une alternative à l’islam radical. Néanmoins, une fraction des barelvis a elle-même basculé dans le terrorisme et cette violence a fini par toucher l’Europe.

Olivia HYVRIER
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Les premiers pas du président Biden au Moyen-Orient

Date de publication
22 septembre 2021
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Joe Biden a démarré son mandat de président des États-Unis avec la ferme intention de rompre avec les pratiques de son prédécesseur Donald Trump. Au Moyen-Orient, cette posture est particulièrement visible sur le dossier du nucléaire iranien, dans le conflit israélo-palestinien et sur les relations avec les États arabes du Golfe. La nouvelle administration démocrate semble accorder davantage d’importance à la stabilité régionale et au respect des droits de l’homme.

Rachid CHAKER
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Quel rôle pour la Bundeswehr ?

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22 septembre 2021
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Le poids de la Seconde Guerre mondiale continue de peser sur l’Allemagne. L’utilisation de la puissance militaire y est considérée avec circonspection, tant par les élites politiques que par une partie importante de la population. La dégradation du contexte stratégique incite toutefois les dirigeants à repenser le rôle de la Bundeswehr. Le budget de la Défense augmente et les effectifs des armées sont amenés à croître significativement dans les prochaines années.

Stephan MARTENS

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Robert BADINTER, « Vers un monde plus sûr - Entretien avec Robert Badinter », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 2005.
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