Le Golfe en quête de puissance(s), Politique étrangère, vol. 90, n° 4, 2025
Les pays du golfe Arabo-Persique sont devenus des acteurs visibles, lourds, du jeu international, dans leur région même et bien au-delà. Médiateurs diplomatiques, investisseurs, organisateurs d’événements mondiaux, ils tentent de dépasser leur définition classique de fournisseurs de matières premières énergétiques et de refonder leurs bases économiques, sociales et politiques dans d’ambitieuses « Visions ». Leurs solidarités internationales s’avèrent plus souples, ouvrant leur champ diplomatique, même si le poids de Washington demeure déterminant : Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis sont, à ce titre, parties d’une dynamique qui pousse nombre d’acteurs du monde au multi-alignement.
En Asie du Sud-Est, la balance hésite entre les influences chinoise et américaine. Les diplomaties, très diverses, des pays de la région sont-elles le signe de leur souplesse, de leur pragmatisme, permettant de tirer parti maximum de la compétition sino-américaine, ou la traduction de contradictions économiques, sociales, politiques d’un espace qui peine à s’organiser collectivement ? L’ASEAN, qui se rêve en architecture de référence, est de fait peu présente dans les choix de défense et de sécurité de ses membres, écartelés entre logiques largement contradictoires.
À des titres divers, le Golfe et l’Asie du Sud-Est symbolisent l’évolution d’un monde dérégulé, où de multiples acteurs tentent de jouer de leur espace d’autonomie, une autonomie qui reste incertaine face à de grands monstres accumulant sans trêve les moyens de leur puissance.
LE GOLFE EN QUÊTE DE PUISSANCE(S)
La nouvelle stature diplomatique des pays du Golfe, par Camille Lons (lire intégralement l'article)
Les fonds souverains du Golfe, acteurs majeurs de la finance mondiale, par François-Aïssa Touazi (lire intégralement l'article)
L’Arabie saoudite 2030 : la Vision de tous les défis, par Hasni Abidi
Qatar et Émirats, miroirs d’une même ambition, par Emma Soubrier
Le Golfe entre Pékin et Washington : la quête du multi-alignement, par Jean-Loup Samaan
L'ASIE DU SUD-EST : ENTRE PÉKIN ET WASHINGTON
L’Asie du Sud-Est entre Chine et États-Unis : la stratégie du non-choix ?, par Sophie Boisseau du Rocher et Françoise Nicolas
L’ASEAN, en marge de l’architecture régionale de sécurité ?, par Juliette Loesch
ACTUALITÉS
Le Bangladesh entre crise politique et montée de l’islamisme, par Charza Shahabuddin
Frontex, première et dernière « armée » d’Europe ?, par Thomas Canvel
Quand la politique étrangère s’invite à la mairie, par Yves Viltard
LIBRES PROPOS
Pour une stratégie géoéconomique latino-pacifique, par Andrés Bórquez, Juan E. Serrano-Moreno, Carlos Olguín et Rodrigo del Río
Blackout électrique en Irak : une gouvernance introuvable ?, par Myriam Benraad
Européaniser la dissuasion nucléaire française ? , par Elie Perot
LECTURES
Sous la responsabilité de Marc Hecker
L'ère des affrontements. Les grands tournants géopolitiques, de Thierry de Montbrial
Par Alain Dejammet
China’s Quest for Military Supremacy, de Joel Wuthnow et Phillip C. Saunders
Under the Nuclear Shadow: China’s Information-Age Weapons in International Security, de Fiona S. Cunningham
Par Marc Julienne
Autres informations :
216 pages. 23 euros.
En librairie le 2 décembre 2025.
Diffusion : Pollen/Dif'Pop.
Abonnement : Armand Colin.
Vente au numéro : leslibraires.fr.
Vente au format ePub : Immatériel.fr.
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Le Golfe en quête de puissance(s), Politique étrangère, vol. 90, n° 4, 2025
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Découvrir toutes nos analysesLa nouvelle stature diplomatique des pays du Golfe
Le poids politique et économique des monarchies du Golfe s’est considérablement renforcé. Ces pays ont diversifié leurs économies et sont devenus des hubs logistiques, attirant de nombreux investisseurs. Ils ont aussi réussi à projeter leur puissance au-delà de leurs frontières. Toutefois, l’extension régionale de la guerre ouverte par le Hamas le 7 octobre 2023 fait planer le doute sur la stabilité de cette zone, d’autant que le parapluie sécuritaire américain ne paraît plus assuré.
Une alliance bien vivante et qui s'adapte
Née d’une volonté de défense contre l’Union soviétique, l’Alliance a été réinventée à la fin de la guerre froide. Elle est engagée partout où les intérêts des Alliés sont menacés, et il n’existe pas aujourd’hui d’autre option de sécurité crédible pour ses membres. Mais l’Alliance doit savoir évoluer, s’adapter à de nouveaux défis, politiques et économiques, et ajuster ses modes de fonctionnement à la multiplication de ses membres.
L'OTAN : de Washington (1949) à Strasbourg-Kehl (2009)
On peut tenter de cerner l’histoire de l’Alliance en en repérant trois phases. La première est constituée par les quatre décennies de la guerre froide. Puis l’Alliance revêt le rôle d’accoucheur du changement politique en Europe. Dans l’après-11 septembre, le débat rebondit sur les défis de sécurité internationale et le rôle de l’Alliance. Il est aujourd’hui encore ouvert sur des questions fondamentales : entre autres la nécessaire redéfinition de ses missions, et des moyens correspondants.
Un programme pour l'OTAN : vers un réseau de sécurité mondiale
Le succès historique de l’Alliance est d’avoir unifié l’Occident face à la menace soviétique ; puis d’avoir, après la guerre froide, réussi à élargir cet Occident. L’Alliance doit pourtant aujourd’hui s’adapter à un monde nouveau marqué par l’éveil chaotique des peuples. Sa crédibilité dépend de la négociation d’une sortie politique de l’engagement en Afghanistan. À plus long terme, l’OTAN doit se penser comme centre d’un réseau d’organisations de sécurité à l’échelle du monde.