Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L'OTAN et la Russie : vu de Moscou

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 74, n° 4, 2019
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009
Accroche

L’élargissement à l’Est de l’OTAN s’inscrit dans une mémoire russe qui décompte les tentatives de l’« Ouest » pour détruire ou marginaliser la Russie. Le dialogue ouvert avec Moscou par la nouvelle Administration américaine, les déclarations et propositions du président Dmitri Medvedev permettent pourtant de penser qu’une nouvelle ère de coopération pourrait s’engager : sur l’Afghanistan, sur les défenses antimissiles, sur le désarmement, et même sur le prochain concept stratégique de l’OTAN.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Dans son premier discours, en septembre 2009, Anders Fogh Rasmussen, nouveau secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), soulignait : « De toutes les relations que l’OTAN entretient avec ses partenaires, aucune n’a un potentiel semblable à celle que nous avons avec la Russie. Mais, de toutes, elle est la plus lourde d’interprétations erronées, de manque de confiance et d’agendas politiques divergents... Le passif historique des relations OTAN/Russie ne peut pas être tout bonnement ignoré. Et nos désaccords ne sont pas seulement fondés sur des malentendus. Pour certains, ils sont de nature fondamentale, et ne disparaîtront pas de sitôt ».
 

Les sources de la rivalité

Après la défaite de l’Allemagne nazie, l’Union des républiques socialistes et soviétiques (URSS) disposait d’une puissance militaire sans rivale sur le continent, et Moscou avait de nombreux partisans dans les pays européens. Staline ne croyait sans doute pas que les États-Unis resteraient en Europe après la fin de la guerre. Il souhaitait que les vainqueurs s’accordent sur des sphères d’influence, et essaya de conclure un accord en ce sens (avec Winston S. Churchill, puis à Yalta et Potsdam en 1945). Son but premier étant d’établir une large zone de sécurité en Europe de l’Est, incluant la Pologne au travers de laquelle la Russie avait été régulièrement envahie depuis l’Ouest. Il pensait présenter là une exigence raisonnable, manière traditionnelle d’empocher les dépouilles géopolitiques d’une victoire militaire.

Pour la mémoire historique russe, « l’Ouest » a envoyé à cinq reprises ses forces militaires « détruire » la Russie : l’occupation polonaise à l’orée du XVIIᵉ siècle, l’attaque suédoise au début du XVIIIᵉ siècle, l’invasion napoléonienne de 1812, et les deux guerres de la première moitié du XXe siècle. À chaque fois, l’existence même de l’État russe a été menacée. La méfiance et la peur à l’égard de « l’Ouest » se sont développées en Russie bien avant la révolution bolchevique de 1917.

L’insistance de Staline à donner une grande part de l’Est allemand à la Pologne, et à annexer Königsberg se fondait sur des considérations de sécurité : désir de bâtir une « défense avancée » de la Russie en Europe de l’Est. Il s’attendait probablement à ce que la Pologne se lie à jamais à l’URSS pour conserver ses nouveaux « territoires de l’Ouest ». [ …]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Les sources de la rivalité
  • Le facteur nucléaire
  • L’échec de la détente
  • La révolution de la perestroïka
  • Le vainqueur emporte la mise ?
  • L’élargissement du fossé
  • La reprise
  • Une nouvelle fenêtre d’opportunité


Sergueï Rogov est directeur de l’Institut d’études sur les États-Unis et le Canada (ISKRAN) de l’Académie des sciences de Russie, et président de la Commission sur la sécurité internationale du Comité consultatif scientifique auprès du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.


Texte traduit de l’anglais (Pologne) par Thomas Richard.
 

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Thématiques analyses

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L'OTAN et la Russie : vu de Moscou

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Le mouvement barelvi : du soufisme au terrorisme

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

Le barelvisme a été créé au début du xxe siècle par Ahmad Riza Khan. Il s’agissait à l’origine d’un mouvement religieux soufi qui s’est peu à peu politisé. Ses membres militent pour l’islamisation de la société, tout en s’opposant à d’autres groupes inspirés du wahhabisme. Après les attentats du 11 Septembre, le soufisme a été présenté comme une alternative à l’islam radical. Néanmoins, une fraction des barelvis a elle-même basculé dans le terrorisme et cette violence a fini par toucher l’Europe.

Olivia HYVRIER
Image principale

Les premiers pas du président Biden au Moyen-Orient

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

Joe Biden a démarré son mandat de président des États-Unis avec la ferme intention de rompre avec les pratiques de son prédécesseur Donald Trump. Au Moyen-Orient, cette posture est particulièrement visible sur le dossier du nucléaire iranien, dans le conflit israélo-palestinien et sur les relations avec les États arabes du Golfe. La nouvelle administration démocrate semble accorder davantage d’importance à la stabilité régionale et au respect des droits de l’homme.

Rachid CHAKER
Image principale

Quel rôle pour la Bundeswehr ?

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

Le poids de la Seconde Guerre mondiale continue de peser sur l’Allemagne. L’utilisation de la puissance militaire y est considérée avec circonspection, tant par les élites politiques que par une partie importante de la population. La dégradation du contexte stratégique incite toutefois les dirigeants à repenser le rôle de la Bundeswehr. Le budget de la Défense augmente et les effectifs des armées sont amenés à croître significativement dans les prochaines années.

Stephan MARTENS
Image principale

La finance durable, nouvel enjeu de la compétition économique mondiale

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

Les sommes investies dans la finance durable – ou Investissement socialement responsable (ISR) – ne cessent de croître. Elles devraient permettre de financer la transition énergétique nécessaire à l’atténuation des effets du changement climatique. Toutefois, son développement suit des modèles différents selon les régions du monde et la bataille des normes extra-financières fait rage. Un véritable schisme dans la finance internationale ne peut être exclu à défaut de leadership et de coopération.

Guillaume CRAVERO Patricia CRIFO

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009
Sergueï ROGOV, « L'OTAN et la Russie : vu de Moscou », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 décembre 2009.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°4 2009

L'OTAN et la Russie : vu de Moscou