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OTAN-Russie : la "question russe" est-elle européenne ?

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Politique étrangère, vol. 74, n° 4, 2019
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Page couverture PE n°4 2009
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La relation Russie/OTAN a hérité des élargissements de l’Alliance, ou du Kosovo de 1999, une image et des perceptions croisées complexes. Mais elle ne peut désormais se penser dans un strict cadre de sécurité européen : le nouveau potentiel et les ambitions russes obligent à la resituer à un niveau plus général. Le triangle États-Unis/Europe/Russie est dorénavant au centre de la sécurité globale, et c’est dans ce cadre que peuvent être pensés les futurs rapports Russie/OTAN.

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Depuis 1991, la relation Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN)/Fédération de Russie a été le principal baromètre des relations russo-occidentales. Durant la guerre froide, l’Alliance a d’abord servi à traiter la « question allemande » et à parer la « menace soviétique ». Avec la réunification allemande et la disparition du bloc soviétique, l’OTAN perdait à priori sa justification. Cependant l’Alliance a su se métamorphoser en redéfinissant ses missions et en faisant de l’élargissement sa nouvelle raison d’être. Au cours des années Clinton, Washington a usé de l’Alliance comme d’un outil de démocratisation, de réunification et de stabilisation en Europe, dans un contexte de déclassement géopolitique de la Russie. À Moscou, l’idée prévaut que cette politique ignorant les intérêts de la Russie était délibérée. Or, combinée aux différends transatlantiques sur l’Irak et à l’enlisement en Afghanistan, la résurgence russe a modifié le rapport de forces. Objet d’interprétations contradictoires à Washington – et, par voie de conséquence, dans l’Alliance –, ce regain d’influence oblige à repenser le cadre stratégique dans lequel Américains et Européens envisagent la « question russe », alors que le triangle États-Unis/Russie/Europe n’est toujours pas stabilisé. Il est fort probable que Kaboul et Téhéran soient désormais au moins aussi importants que Kiev et Tbilissi.

 

Les raisons de l’incompréhension

    Trois cassures : 1997, 1999 et 2004

Le tournant dans les relations russo-occidentales est habituellement daté de la campagne du Kosovo en 1999. Cette rupture a été le plus souvent expliquée par le sentiment de déclassement militaire, l’épisode de Pristina étant déchiffré comme une illustration du pouvoir de nuisance de la Russie. Parallèlement, cette campagne n’a pas dégradé l’image de l’OTAN seulement en Russie, mais aussi en Biélorussie et en Ukraine. Pour Moscou, l’enseignement a été triple et contribue à expliquer ses raidissements ultérieurs.

En premier lieu, pour Vladimir Poutine, le Kosovo a agi comme un révélateur de la nécessité de reconsidérer la politique de sécurité de son pays. Les élites russes ont pris alors conscience de leur marginalisation stratégique, avec un fort ressentiment et un sentiment d’humiliation, d’ailleurs souvent exagérés par la suite […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Les raisons de l’incompréhension 
    - Trois cassures : 1997, 1999 et 2004
    - Grandeurs et misères de la Public Diplomacy
    - Confrontation et enseignements
  • Les contours de la « question russe »
    - La Russie, facteur de sécurité ou d’insécurité ?
    - La sécurité européenne au centre du triangle États-Unis/Europe/Russie-
    - Le triangle États-Unis, Europe, Russie au centre de la sécurité globale


Thomas Gomart dirige le centre Russie/NEI de l’Ifri ainsi que la collection numérique trilingue « Russie.Nei.Visions ».
 

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OTAN-Russie : la "question russe" est-elle européenne ?

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Thomas GOMART

Thomas GOMART

Intitulé du poste

Directeur de l'Ifri

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La démocratie israélienne à l’épreuve de Netanyahou

Date de publication
22 septembre 2020
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D’avril 2019 à mars 2020, les Israéliens ont dû voter à trois reprises pour désigner leurs représentants à la Knesset. Ce cycle électoral inédit, dû à l’incapacité de la classe politique à s’accorder sur la formation d’un gouvernement, a pris fin avec l’accord conclu entre Benny Gantz et Benyamin Netanyahou. Ce dernier, bien que fragilisé par les affaires, conserve son poste de Premier ministre. Sa longévité est remarquable mais sa pratique brutale de la politique risque de laisser des traces.

Denis CHARBIT
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Sortir de l’impasse euro-américaine

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Les divergences euro-américaines sur la sécurité du Vieux Continent sont tout sauf nouvelles : mais elles s’aggravent avec les tentations d’éloignement américaines, et avec l’impuissance européenne, qui se manifeste devant chaque crise. L’Europe ne pourrait s’affirmer comme puissance stratégique que si ses membres s’accordaient sur une analyse de leurs environnements et de leurs intérêts, et en négociant avec les États-Unis un nouveau partage de compétence dans l’Alliance atlantique.

Jolyon HOWORTH
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La ville, champ de bataille d’hier à demain

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Historiquement, les guerres se sont davantage déroulées autour des villes que dans les villes. La zone urbaine est devenue un champ de bataille moderne à partir des années 1930. Elle agit comme un égalisateur de forces entre les armées les plus avancées et les groupes non-étatiques moins bien équipés, comme l’a encore montré récemment la bataille de Mossoul. L’emploi des robots militaires est amené à se développer et leurs impacts sur les conflits sont difficiles à anticiper.

Pierre SANTONI
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Les smart cities : ambitions chinoises à l’heure du COVID-19

Accroche

La Chine développe et exporte des technologies présentées comme indispensables à la sécurité et au bon fonctionnement des villes modernes. Vidéosurveillance, reconnaissance faciale, drones et robots font partie de l’arsenal de ces agglomérations hyperconnectées. Le COVID-19 a été l’occasion pour Pékin de promouvoir les technologies chinoises et renforcer leur utilisation en milieu urbain. Plus que jamais, la Chine ambitionne de devenir le leader mondial des smart cities.

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n°4 2009
Thomas GOMART, « OTAN-Russie : la "question russe" est-elle européenne ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 décembre 2009.
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Page couverture PE n°4 2009

OTAN-Russie : la "question russe" est-elle européenne ?