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Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité

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Date de publication
Accroche

Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile. 

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The 9/11 Memorial, New York, USA
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Pourtant, dix ans plus tard, le terme de « guerre » s’était largement répandu dans la classe politique française. Entre temps, la France avait engagé ses troupes dans l’opération Serval (puis Barkhane) au Sahel, rejoint la coalition internationale contre Daech en zone syro-irakienne et déployé l’opération Sentinelle sur le territoire français, à la suite des attaques terroristes de 2015.

Aujourd’hui, la menace terroriste s’est transformée, mais elle est toujours considérée comme très élevée par les autorités françaises. La Revue nationale stratégique de 2025 accorde une place non négligeable au terrorisme, même si la menace prééminente est, depuis 2022, liée à la Russie et au retour de la guerre interétatique sur le sol européen.

S’il ne fallait retenir qu’une leçon de cette « guerre de vingt ans » qui a démarré le 11 septembre 2001, ce serait la nécessité d’identifier lucidement et objectivement la menace terroriste. La sous-estimation de la menace peut conduire à une forme d’aveuglement ouvrant la voie à des attaques tragiques. A l’autre bout du spectre, l’exagération de la menace peut mener à une surréaction qui risque de produire un cercle vicieux favorable aux terroristes. Le déclenchement de la guerre en Irak en 2003, à laquelle la France a refusé de s’associer, en est un exemple.

Les risques de sous-estimation et de surréaction sont liés aux difficultés d’évaluation des capacités de groupes évoluant dans la clandestinité. Mais, ils peuvent aussi résulter de biais politiques ou idéologiques. Il est assez troublant de noter que la stratégie américaine de contreterrorisme de 2026 élude complètement les menaces d’ultra-droite liées au suprématisme blanc, alors qu’elles étaient considérées comme importantes du temps de Joe Biden. Quand la politique contamine l’évaluation des menaces, cela ne présage rien de bon…

>Article paru en anglais sur le site de Council on Foreign Relations 

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Marc HECKER

Marc HECKER

Intitulé du poste

Directeur exécutif de l'Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l'Ifri

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Des légionnaires patrouillant lors de l’opération sentinelle à Paris
Sécurité intérieure
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La distinction entre menaces internes et externes est souvent exagérée, tant les frontières sont poreuses. Les conflits qui se déroulent à des milliers de kilomètres de la France peuvent avoir des résonances tragiques sur le territoire national.

La radicalisation, le terrorisme ou encore la criminalité organisée ont une dimension internationale qu’on ne peut ignorer.

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Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
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Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

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2001-2025 : guerre globale contre le djihadisme

Date de publication
02 juillet 2025
Accroche

Malgré des moyens considérables dédiés à la guerre globale contre le terrorisme, la menace djihadiste n’a pas disparu.

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Couverture du livre Daech au pays des merveilles

Daech au pays des merveilles

Date de publication
05 mars 2025
Accroche

Ce livre mêle fiction et non-fiction. Il invite à réfléchir, de manière originale, aux effets de polarisation engendrés par la multiplication des attaques terroristes. Il tire la sonnette d’alarme sur les fragilités de la France, exacerbées par les extrémistes de tous bords.

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Les femmes sont-elles des djihadistes comme les autres ?

Date de publication
14 mars 2024
Accroche

En juillet 2023, la France a rapatrié dix femmes et vingt-cinq enfants qui vivaient depuis plusieurs années dans les camps de prisonniers de Daech gérés par l’administration kurde du Nord-Est syrien. Ce rapatriement est le quatrième depuis le changement de politique décidé par le gouvernement français à la mi-2022.

Marc HECKER Sofia KOLLER
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The French Approach to Female Violent Extremist Offenders

Date de publication
05 février 2024
Accroche

Comment les femmes djihadistes sont-elles jugées dans différents pays européens ? Comment se passe leur incarcération ? Quels programmes de réinsertion sont mis place pour les anciennes détenues pour des faits de terrorisme ?

Crédits image de la page
The 9/11 Memorial, New York, USA
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Comment citer cette étude ?

Marc HECKER, « Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité », Articles, Ifri, 8 septembre 2026.
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