Politique étrangère
Économie internationale : la fin d'un monde ?
L’économie mondiale est devenue le champ privilégié d’affrontement des volontés de puissance d’un monde où l’entente, la coordination et le multilatéralisme concerté semblent durablement marginalisés. Dans cette logique éclatée, comment s’articuleront les stratégies américaine et chinoise ? L’Union européenne arrivera-t-elle à briser le cadre de ses références multi-décennales pour s’affronter aux concurrences nouvelles ? Et pourra-t-elle, comme d’autres, avec d’autres, intégrer le virage annoncé d’une économie de production vers une économie numérique, de l’information ? Et quel rôle joueront dans cette économie internationale en transition les institutions financières et, en particulier, les banques centrales ?
De Trump à Xi Jinping : la grande rupture de la mondialisation
La politique commerciale de la seconde administration Trump constitue une rupture avec les engagements internationaux des États-Unis et un séisme pour le système commercial multilatéral. Son effet déstabilisant est renforcé par les excédents commerciaux démesurés de la Chine, qui ont doublé depuis la crise sanitaire de 2020. Nous entrons dans une nouvelle ère marquée par une érosion des normes au profit de logiques transactionnelles. Pour l'Europe, le défi est de taille.
Révolution numérique, chambardement économique
La révolution numérique bouleverse l'économie, dans la mesure où ses effets s'étendent bien au-delà du secteur numérique lui-même. En effet, elle transforme la manière même dont on conçoit la création de valeur. L'Intelligence artificielle constitue une nouvelle étape qui nécessite des capacités d'investissement colossales dans des infrastructures physiques comme les data centers. L'Europe n'a pas su saisir à temps l'ampleur de ces changements, mais elle dispose tout de même de certains atouts.
L’aide publique au développement à l’ère de la démondialisation
L'aide publique au développement connaît depuis 2023 un effondrement, tant en Europe qu'aux États-Unis. Le choc affecte les pays en développement mais aussi les pays industrialisés. Critique à la fois au Nord et au Sud, l'aide au développement doit se redéfinir, dans ses objectifs et dans ses méthodes. Elle pourrait ainsi s'adapter à une configuration internationale où les principaux acteurs – États-Unis, Union européenne, Chine, pays arabes – adoptent de nouvelles postures.
Allemagne : retour du service militaire ?
Suspendue en 2011, la conscription fait son retour en Allemagne en 2025, sous une forme nouvelle et volontaire. Un relatif consensus avait accompagné la décision de 2011. L’opinion est aujourd’hui plus segmentée, comme la classe politique. Le service volontaire masculin ainsi rétabli fait écho aux exigences de l’environnement géopolitique et aux besoins en effectifs de la Bundeswehr. Reste à savoir si la formule choisie remplira les attentes des responsables de la défense.
Le Golfe en quête de puissance(s)
Les pays du golfe Arabo-Persique sont devenus des acteurs visibles, lourds, du jeu international, dans leur région même et bien au-delà. Médiateurs diplomatiques, investisseurs, organisateurs d’événements mondiaux, ils tentent de dépasser leur définition classique de fournisseurs de matières premières énergétiques et de refonder leurs bases économiques, sociales et politiques dans d’ambitieuses « Visions ». Leurs solidarités internationales s’avèrent plus souples, ouvrant leur champ diplomatique, même si le poids de Washington demeure déterminant : Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis sont, à ce titre, parties d’une dynamique qui pousse nombre d’acteurs du monde au multi-alignement.
Les fonds souverains du Golfe, acteurs majeurs de la finance mondiale
Les fonds souverains du Golfe sont devenus des acteurs incontournables de la finance mondiale. Investissant des sommes colossales dans des secteurs stratégiques, ils contribuent à la fois au développement local et à l’influence grandissante des monarchies du Golfe dans l’économie et la politique internationales. Dans un avenir proche, ils feront face à un double défi : celui du capital humain et celui de leur positionnement géopolitique entre « Nord » et « Sud global ».
L’Asie du Sud-Est entre Chine et États-Unis : la stratégie du non-choix ?
Le secret de la réussite des pays de l’Asie du Sud-Est réside dans leur choix du multilatéralisme économique et diplomatique. Le non-choix entre puissances rivales devient problématique. La Chine est redoutée pour son poids et sa proximité envahissante. Et les États-Unis de Trump sont à l’offensive contre le système commercial multilatéral, avec de lourdes conséquences en matière diplomatique. Les pays d’Asie du Sud-Est pourront-ils garder une posture d’équilibre en s’ouvrant à d’autres partenariats ?
L’ASEAN, en marge de l’architecture régionale de sécurité ?
Les dirigeants d’Asie du Sud ne manquent pas de rappeler la « centralité » de l’ASEAN dans l’architecture de sécurité régionale. Pourtant, en pratique, ils tendent à privilégier les partenariats bilatéraux qui marginalisent progressivement cette organisation. Cette fragmentation affaiblit la coopération régionale, accentue les divisions et compromet la stabilité face aux tensions croissantes dans l’Indo-Pacifique. Ces tendances sont préoccupantes, à l’heure où s’aiguise la rivalité sino-américaine.
La nouvelle stature diplomatique des pays du Golfe
Le poids politique et économique des monarchies du Golfe s’est considérablement renforcé. Ces pays ont diversifié leurs économies et sont devenus des hubs logistiques, attirant de nombreux investisseurs. Ils ont aussi réussi à projeter leur puissance au-delà de leurs frontières. Toutefois, l’extension régionale de la guerre ouverte par le Hamas le 7 octobre 2023 fait planer le doute sur la stabilité de cette zone, d’autant que le parapluie sécuritaire américain ne paraît plus assuré.
Le Bangladesh entre crise politique et montée de l'islamisme
Le mouvement « Students Against Discrimination », à l'origine des manifestations de l'été 2024, a cristallisé le mécontentement d'une jeunesse confrontée à la réinstauration d'un quota controversé pour les descendants des muktijoddhas (les « combattants pour la liberté » de la guerre d'indépendance de 1971), après quinze années de dérive autoritaire de la Première ministre Sheikh Hasina.
Trump II et le monde
Le trumpisme existe-t-il ? Comment le caractériser idéologiquement, entre les multiples groupes qui l’animent : populisme, droite chrétienne, paléo-libertarisme, techno-libertarisme ? Est-il porteur d’une véritable vision du monde soutenant sa diplomatie ? L’obsession de la remise en cause de l’héritage, d’alliances et d’engagements vus comme « défavorables » à l’Amérique, l’obsession du deal ponctuel, semblent tenir lieu de ligne générale. D’où un relâchement général des liens alliés. En matière économique, on hésite tout autant à caractériser une stratégie, et surtout à identifier les résultats possibles de manœuvres contradictoires.
Trump II et l'Asie : le vent se lève…
L'Indo-Pacifique est une priorité de l'administration Trump II, la Chine étant perçue comme le principal rival stratégique des États-Unis. Toutefois, Donald Trump a entamé son second mandat de manière déconcertante en durcissant les relations avec les partenaires traditionnels de Washington. Il a ensuite ouvert les hostilités avec Pékin, déclenchant une guerre commerciale plus intense encore que lors de son premier mandat. Les autorités chinoises n'entendent pas se laisser faire.
L'Europe à découvert ?
Alors que la Russie continue de menacer l'Europe, l'administration Trump ne cache pas son intention de se désengager – au moins partiellement – de la défense du continent pour se concentrer sur la compétition stratégique avec la Chine. Elle met ainsi la pression sur ses alliés européens pour qu'ils investissent davantage en matière militaire. Le sommet de l'OTAN qui s'est tenu à La Haye en juin 2025 a abouti à des engagements ambitieux des États membres pour relever leurs dépenses de défense.
Trump II : le choc des idéologies
L'administration Trump II agrège des courants idéologiques très différents, voire opposés : populisme d'extrême droite, droite chrétienne réactionnaire, paléo-libertarisme ou encore tech-libertarisme. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, ce sont les mesures populistes qui ont été les plus visibles. En effet, l'autorité du président a été renforcée, les contre-pouvoirs ont été affaiblis, une politique identitaire a été engagée et un nationalisme économique a été mis en place.
Haïti 1825-2025 : géopolitique de la dette
En 1825, la France a fait signer à Haïti un accord exigeant de lourds versements financiers contre la reconnaissance de son indépendance. Aujourd'hui dans un état de déréliction généralisée, Haïti demande le remboursement de ces sommes, ouvrant un débat international important. La France, qui n'a pas formulé de réponse face à cette demande, reste pourtant un des rares États à se préoccuper du sort d'Haïti, et plus généralement de l'espace caraïbe.
Multilatéralismes : survivre ou renaître ?
Le multilatéralisme ordonné né de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide, et relancé par des années 1990 qui projetaient le rêve d’un monde dessinant une « gouvernance mondiale » apaisée, a fait long feu. L’usure des grands cadres universels (Organisation des Nations unies, Organisation mondiale du commerce, arms control et désarmement, justice pénale internationale…) ne cède pas place au vide mais au trop-plein : à une multiplicité d’accords et de montages témoignant d’une recomposition accélérée des rapports internationaux. L’anarchie institutionnelle, la concurrence ouverte des intérêts exprimée par des volontés de puissance désinhibées, pourront-elles demain s’ordonner autour d’intérêts fondamentaux communs ?
Naviguer sur l'océan multilatéral : lost in decomposition ?
Le multilatéralisme organisationnel apparaît menacé par l'affirmation des politiques de puissance, en particulier à travers le système de l'Organisation des Nations unies (ONU). Les demandes de réforme de ce système perdurent cependant. Et les formes de consultations souples se développent : diplomaties de clubs ou minilatéralismes. La recomposition multilatérale s'effectue ainsi largement hors du système organisationnel. Éloignée d'un ordre international libéral ou d'un ordre multipolaire, elle ne favorise pas l'inscription de l'habitabilité de la planète au faîte de l'agenda multilatéral.
L' « Europe de la sécurité intérieure », cette inconnue
La nouvelle stratégie européenne de sécurité intérieure, dévoilée par la Commission en avril 2025, offre l'occasion d'attirer l'attention sur une politique méconnue. Pour limiter les écueils de la liberté de circulation, la politique européenne de sécurité intérieure a été significativement étoffée au cours des dernières années. L'Union européenne ne cesse de se renforcer pour mieux lutter contre la criminalité, le terrorisme, l'immigration illégale ou encore les menaces hybrides.
Outre-mer : la France contestée
Nouvelle-Calédonie, Mayotte : les Outre-mer français ont été durement secoués en 2024. Au-delà des explications de conjoncture, c’est la place de ces Outre-mer dans les politiques et les stratégies françaises qui se trouve à nouveau mise en cause.
Les Outre-mer sont-ils les reliefs d’un colonialisme hors d’âge ? Ou, au contraire, des appuis pour une présence française étendue que l’ouverture du monde rend indispensable, et des barrières élevées ici ou là face aux appétits de nouvelles puissances ? En tout état de cause, quelles politiques l’Hexagone doit-il y mener, au profit d’un meilleur développement et d’une insertion plus efficace dans leur environnement ? Et le statut juridique de ces Outre-mer est-il intouchable ?
Ukraine : l'année de la paix incertaine
Lors de sa campagne électorale, Donald Trump a promis de régler la guerre en Ukraine en 24 heures. Alors que le président américain s'installe à la Maison-Blanche, différentes options se dessinent pour le futur de ce conflit. Certaines sont plus probables que d'autres, mais aucune ne peut être écartée. Les pays européens paraissent de plus en plus divisés à l'égard de la Russie, et l'Union européenne risque de payer le prix fort si elle ne parvient pas à faire émerger une stratégie commune solide.
Trump 2 : les défis de la posture militaire américaine
La répartition des points d'appui opérationnels de la stratégie américaine a fortement évolué depuis deux décennies, avec une forte réduction. La prise de distance et les critiques répétées de Donald Trump vis-à-vis des alliances traditionnelles des États-Unis risquent de fragiliser l'ensemble de l'architecture de la présence américaine dans le monde, au-delà des impasses concrètes, réelles, en particulier industrielles, des dispositifs militaires de l'Amérique.
La Syrie : représailles "post-guerre civile" et rémanence du passé
Bachar Al-Assad estime avoir gagné la guerre qui a démarré en 2011, même si des poches de rébellion demeurent et si la violence tend à nouveau à augmenter.
Nouvelles géopolitiques de l'énergie
Après le drame de Valence et alors que se termine la COP29, le dérèglement climatique oblige à examiner de très près le rythme et les impasses de la transition énergétique. Les États pétroliers du Golfe ont-ils à la fois la volonté et les moyens de transformer leurs économies gazière et pétrolière ? Les États membres de l’Union européenne ont-ils progressé depuis leur réponse en ordre dispersé aux diktats gaziers de Moscou ? Les stratégies européenne et américaine pourront-elles, un jour, converger ? Quelle place, demain et à plus long terme, pour le nucléaire et les énergies renouvelables ?
Justice pénale internationale : l'épreuve de vérité
La justice pénale internationale peut-elle être un facteur de paix ?
De Cuba à l'Ukraine : le signalement stratégique et la dissuasion nucléaire
Le signalement stratégique – ensemble de signes et de manœuvres visant, hors temps de guerre, à rendre crédible la menace d'usage des instruments nucléaires – est de retour.
L'Axe de la résistance : les proxys de l'Iran depuis le 7 octobre 2023
L'Axe de la résistance désigne l'alliance entre l'Iran et ses proxys au Moyen-Orient. Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, on constate une plus grande coordination entre ces groupes, parfois sans l'intervention directe de Téhéran. L'Irak et la Syrie sont des hubs importants, où les membres de l'Axe se retrouvent, s'entraînent et planifient leurs actions. La Russie, dans sa logique de lutte contre l'Occident, s'est rapprochée non seulement de l'Iran mais aussi de ses proxys.
L'Intelligence artificielle ou la course à la puissance
L’Intelligence artificielle (IA) s’impose, se diffuse, à une rapidité qu’on peine à représenter, infusant d’ores et déjà dans de multiples domaines.
De l'Ukraine à Gaza : l'Intelligence artificielle en guerre
Les guerres en Ukraine et à Gaza témoignent d'une forte pénétration de l'Intelligence artificielle (IA) sur le champ de bataille.
Caucase du Sud, un nouvel échiquier stratégique ?
Les États du Caucase du Sud cherchent à déterminer leur place sur une scène internationale de plus en plus fragmentée.
Mer Noire : rivalités et enjeux de sécurité européenne
Avec l'annexion de la Crimée en 2014, puis l'invasion de l'Ukraine de février 2022, la Russie a cherché à renforcer son emprise sur la mer Noire.
Populismes et relations internationales
Les populismes font florès, en Europe et ailleurs : en Argentine, peut-être demain à nouveau aux États-Unis… Que nous disent-ils de nos sociétés ? Et, s’ils arrivent au pouvoir, comment les modèlent-ils ? Leurs politiques économiques ont-elles quelques chances de succès ? Les politiques étrangères de leurs gouvernements influent-elles plus sur leur environnement, ou sur leurs propres sociétés ? Un « Trump 2 » au pouvoir à Washington serait-il totalement libre, et avec quels effets, de ses choix ?
Gouvernance mondiale, Ukraine, Union européenne : Quo vadis ?
La révolution technologique du dernier XXe siècle, les chocs de 2001 et 2007-2008, ont encadré les illusions occidentales de la mondialisation heureuse.
Israël-Palestine : une seule solution, les deux États
Formulée dès 1937, la solution du partage en deux États s'est perdue au fil des guerres israélo-arabes, de la colonisation des territoires occupés, de l'échec des accords d'Oslo et des stratégies de gouvernements israéliens d'abord soucieux de rapprochement avec certains régimes arabes. Or, cette solution est la seule aujourd'hui imaginable. Les nombreux obstacles qui s'y opposent peuvent être franchis si les États-Unis et leurs alliés décident de l'imposer aux Israéliens et aux Palestiniens.
Israël-Palestine : quelles géographies ?
Les attaques du 7 octobre 2023, puis la réponse israélienne sur Gaza éclairent dramatiquement l’absence continue de solution pour la coexistence de deux peuples sur un même territoire. L’hypothèse d’un État unique est rejetée des deux côtés. Mais la géographie de la colonisation israélienne rend presque impossible l’inscription territoriale d’un État palestinien. Sauf à modifier profondément, par une décision israélienne sous pression internationale éventuelle, l’implantation coloniale en Cisjordanie.
Qu’est-ce qu’une politique étrangère populiste ?
On peine à définir des normes communes que mettraient en oeuvre, arrivés au pouvoir, des gouvernements populistes d'orientations politiques diverses.
Le monde au prisme de l'Ukraine
Trois dimensions d’une actualité conflictuelle brûlante pour ce numéro de Politique étrangère.
Les enjeux militaires de la guerre d'Ukraine : une impasse en trompe-l'œil ?
A l'occasion du 2e anniversaire de la guerre en Ukraine, l'Ifri vous propose en avant-première de la sortie du prochain numéro de Politique étrangère le 8 mars, l'analyse de trois experts sur les enjeux militaires du conflit russo-ukrainien.
L'Afrique, miroir de nos peines ?
Les déboires français au Sahel ne doivent pas faire oublier les liens historiques, très anciens, qui unissent la France à nombre de pays d'Afrique.
Le Sud contre l’Occident ?
2023 a vu se multiplier les forums amplifiant, de plus en plus, la voix d’un « Sud global ». Pour contradictoires et divisés qu’ils soient, ces forums (Brics+, OCS, G20, groupe des 77, sommet des Nouvelles routes de la soie…) expriment de nouveaux rapports de force, et surtout de nouvelles diplomaties, refusant l’alignement sur les puissances hier dominantes et privilégiant les intérêts d’États. Un nouveau monde se dessine, aux contours mouvants, encore incertains.
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