Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Les femmes sont-elles des djihadistes comme les autres ?

Articles
|
Date de publication
|
Références
Esprit, n° 507, mars 2024
Image de couverture de la publication
Les femmes sont-elles des djihadistes comme les autres ? Esprit marc hecker ifri
Accroche

En juillet 2023, la France a rapatrié dix femmes et vingt-cinq enfants qui vivaient depuis plusieurs années dans les camps de prisonniers de Daech gérés par l’administration kurde du Nord-Est syrien. Ce rapatriement est le quatrième depuis le changement de politique décidé par le gouvernement français à la mi-2022.

Image principale
© r.classen/Shutterstock.com
© r.classen/Shutterstock.com
Corps analyses

Jusqu’alors, la France ne rapatriait ses ressortissants qu’au « cas par cas », c’est-à-dire au compte-gouttes. Entre mars 2019 et janvier 2021, trente-cinq enfants « particulièrement vulnérables » avaient été ramenés sur le territoire national. S’en était suivie une pause de dix‑huit mois sans aucun retour.

Avant 2019, la problématique se posait différemment : Daech n’avait pas encore perdu l’intégralité de ses territoires en zone syro‑irakienne, et les camps gérés par les Kurdes n’avaient pas encore vu affluer des dizaines de milliers d’individus. Certains Français qui étaient parvenus à quitter la Syrie avaient réussi à rentrer par leurs propres moyens. D’autres avaient été arrêtés par les autorités turques, puis expulsés conformément au « protocole Cazeneuve », mis en place en 2014.

Parmi les cinq à six mille Européens ayant rejoint un groupe djihadiste en zone syro‑irakienne depuis le début de la guerre civile, les Français constituent le contingent le plus important, avec entre 1 400 et 1 500 individus. Le nombre de « revenants » est, quant à lui, estimé à plus de 670, dont un peu moins de la moitié de mineurs. Parmi les adultes, si les hommes étaient nettement majoritaires jusqu’à la chute de Daech, leur flux s’est ensuite tari. En effet, la politique de rapatriement n’a concerné que des femmes et des enfants.

Les femmes engagées dans le djihadisme ont fait couler beaucoup d’encre. Les ouvrages qui leur sont consacrés font apparaître un changement de perception : alors qu’elles étaient considérées au départ comme des femmes de djihadistes, elles sont vues depuis quelques années comme des femmes djihadistes. Cette évolution s’est accompagnée d’une modification de leur traitement judiciaire et carcéral, qui peut être résumé en une formule : les femmes sont désormais traitées par les pouvoirs publics comme des djihadistes comme les autres, c’est‑à‑dire des terroristes. Avant de détailler la manière dont la justice et l’administration pénitentiaire appréhendent le phénomène du djihadisme féminin, revenons sur les raisons de cette évolution.

[...]

__________

Marc Hecker
Politiste, directeur adjoint de l’Institut français des relations internationales, rédacteur en chef de Politique étrangère, il a notamment publié, avec Élie Tenenbaum, La Guerre de vingt ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXIe siècle (Robert Laffont, 2022).

 

Sofia Koller
Chercheuse au Counter Extremism Project à Berlin, elle a notamment contribué, avec Marc Hecker, à Female Jihadis Facing Justice: Comparing Approaches in Europe (ICCT, 2024).

 

> Voir l'article sur le site de la revue Esprit

 

 

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Thématiques analyses

Partager

Decoration
Auteur(s)
Photo
Marc HECKER

Marc HECKER

Intitulé du poste

Directeur exécutif de l'Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l'Ifri

Image principale
Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
Accroche centre

Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

Image principale
Des légionnaires patrouillant lors de l’opération sentinelle à Paris
Sécurité intérieure
Accroche centre

La distinction entre menaces internes et externes est souvent exagérée, tant les frontières sont poreuses. Les conflits qui se déroulent à des milliers de kilomètres de la France peuvent avoir des résonances tragiques sur le territoire national.

La radicalisation, le terrorisme ou encore la criminalité organisée ont une dimension internationale qu’on ne peut ignorer.

Image principale

Lutter contre la flotte fantôme. La France en action

Date de publication
29 juin 2026
Accroche

La flotte fantôme, qui représente aujourd’hui 10 % de la flotte mondiale de navires de commerce et continue de croître, est un phénomène structurel alimenté par la surcapacité maritime et la logique de contournement des sanctions internationales, qui met au défi le monde maritime dans son ensemble.

Image principale

Stabilité sous pression. Un point de vue pakistanais sur la dissuasion nucléaire après Pahalgam

Date de publication
24 juin 2026
Accroche

La crise indo-pakistanaise de mai 2025, survenue après l’attaque de Pahalgam, a relancé un débat familier mais incomplet : la dissuasion nucléaire a-t-elle fonctionné, ou a-t-elle simplement permis aux deux parties de mener une guerre limitée sous l’ombre du nucléaire ? La meilleure réponse est que la dissuasion a fonctionné au niveau pour lequel elle a été conçue. Elle a empêché une guerre généralisée ainsi qu’une escalade verticale incontrôlée, tout en maintenant les armes nucléaires à l’arrière-plan. En revanche, elle n’a pas empêché l’Inde de chercher à se ménager un espace d’action conventionnelle, ni le Pakistan de répondre par des moyens conventionnels afin de rétablir la crédibilité de sa dissuasion.

Rabia AKHTAR
Image principale

Nation-cadre : défi européen et ambition française

Date de publication
10 juin 2026
Accroche

Apparu au début des années 2000, le concept de nation-cadre obéit à différentes logiques, qu’il s’agisse d’assumer le leadership d’une opération militaire, de diriger un projet capacitaire commun ou de commander une structure de forces permanente. Dans tous les cas, le pays qui assume ce rôle entend bien y trouver un surcroît d’influence politico-militaire. 

Image principale

Évolution stratégique du soutien apporté par l'OTAN à l'Ukraine : une étude des initiatives NSATU et PURL

Date de publication
04 juin 2026
Accroche

Cette étude analyse une transformation majeure du soutien pratique de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à l’Ukraine, marquée par la création de la mission NATO Security Assistance and Training for Ukraine (NSATU) et du mécanisme de financement Prioritized Ukraine Requirements List (PURL).

Iryna KRASNOSHTAN
Crédits image de la page
© r.classen/Shutterstock.com
Sujets liés

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Les femmes sont-elles des djihadistes comme les autres ? Esprit marc hecker ifri
Marc HECKER, Sofia KOLLER, « Les femmes sont-elles des djihadistes comme les autres ? », Articles, Ifri, 14 mars 2024.
Copier