Rwanda : comment juger un génocide ?
Politique étrangère, vol. 80, n° 4, hiver 2015
Face au caractère extraordinaire des massacres de 1994 au Rwanda se lève une exigence de « justice intégrale », qui met en oeuvre un processus judiciaire à plusieurs niveaux.
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) applique le droit pénal international sous l'incrimination de génocide. Novateurs, les procès gacaca témoignent de la volonté de rendre une justice d'une extrême proximité, sur les lieux et avec les acteurs du drame. Et les tribunaux français jouent leur rôle en fonction du concept de « compétence universelle ».
Hélène Dumas est historienne et chargée de recherche au CNRS (laboratoire LAM, Bordeaux). Ses travaux sont consacrés à l'histoire du génocide des Tutsi rwandais de 1994. Elle a publié Le Génocide au village. Le massacre des Tutsi au Rwanda (Paris, Seuil, 2014).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 4, hiver 2015
Plan de l’article
Prouver le génocide : les premiers procès du TPIR
Juger ses voisins : les procès gacaca au Rwanda
Le génocide des Tutsi devant la justice française
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
De l'Afrique à l'Ukraine : enquête auprès de prisonniers de guerre africains
Quand en novembre 2025 T.W. a reçu une lettre d’invitation pour se rendre en Russie, il n’arrivait pas le croire. En septembre, il avait rencontré une jeune femme russe malade à l’hôpital dans lequel il travaillait comme infirmier, à Kampala. Une fois cette dernière repartie en Russie, ils avaient continué à correspondre à distance sur les réseaux sociaux. A sa grande surprise, elle l’a invité pour qu’il vienne étudier et travailler dans son pays. Elle se proposait même de payer son billet d’avion. Heureux de cette opportunité, T.W. n’a prévenu de son départ ni sa famille ni son employeur.
La diaspora congolaise en France : histoire, sédentarisation et transmigration
À rebours d’une vision homogène de la diaspora congolaise, cette étude montre que celle-ci s’est sédentarisée en France tout en maintenant des liens politiques, économiques et affectifs avec la République démocratique du Congo (RDC), faisant de cet entre-deux un espace de mobilisation, de transmigration et d’engagement aux effets aussi importants qu'ambigus.
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.