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Vers un retour de l'autoritarisme en Afrique ?

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Politique étrangère, vol. 84, n° 2, été 2019
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Page couverture PE n° 2 2019
Accroche

Des élections sont organisées régulièrement dans différents pays d’Afrique. Pourtant, la démocratie ne progresse pas sur ce continent. Nombre de dirigeants ont fait adopter des mesures leur permettant de prolonger leur présence à la tête de l’État et les partis d’opposition sont faibles. Quand une alternance se produit au plus haut niveau, cela n’entraîne pas pour autant une amélioration de la gouvernance. La poussée de la Chine en Afrique ne va pas favoriser le recul de l’autoritarisme.

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À la suite de la chute du bloc soviétique naissait l’illusion d’une fin de l’histoire, qui devait consacrer le triomphe de la démocratie libérale dans le monde. Elle reposait sur des faux-semblants auxquels contribuait l’Afrique. Au tournant des années 1980 et 1990, la conjonction de facteurs internationaux et nationaux conduisait de nombreux pays africains francophones à organiser des Conférences nationales, préalables à l’ouverture du jeu démocratique. En 1991, le Bénin et la Zambie sont sortis d’une longue période de dictature en organisant leurs premières élections multipartites, qui consacrèrent la victoire de l’opposition. L’Afrique du Sud s’est, elle, libérée du joug de l’apartheid à la faveur d’une transition négociée qui aboutit à l’élection de Nelson Mandela. Mais en Afrique comme ailleurs, la victoire idéologique de la démocratie et du libéralisme n’a pas eu lieu. L’histoire de la démocratie y a connu succès, résistances, avancées et involutions.


Démocratie formelle contre démocratie réelle


Aujourd’hui, en dehors des périodes de conflits civils, tous les pays africains, à l’exception de l’Érythrée et du Swaziland, organisent régulièrement des élections, et se prévalent, du moins dans les textes ou dans les discours, de respecter le cadre normatif de la démocratie. Toutefois, la question de la démocratie en Afrique est souvent victime d’un double réductionnisme : elle est réduite à la dimension électorale – cette dimension étant elle-même réduite au fait de savoir si les élections sont libres, transparentes et régulières. Pour les chancelleries occidentales, la tenue d’élections satisfaisant à ces critères suffit pour décerner un brevet de démocratie. Cette vision réductrice de la démocratie néglige les aspects fondamentaux que sont l’environnement institutionnel (neutralité politique des institutions, état de droit réel et pas seulement théorique, etc.) et, plus généralement, la situation du marché politique (comportements et structures politiques, inclusivité de la citoyenneté, offre politique réelle, rapports de force politiques, etc.).


L’exemple mauritanien montre qu’au-delà de l’exercice électoral, une compréhension fine du fonctionnement d’un système politique dominant, et de sa capacité de résilience dans le temps, sont nécessaires pour qualifier la nature d’un régime. Un des principaux acteurs de la promotion de la démocratie sur le continent africain, l’Union européenne (UE), a fini par prendre en compte la qualité de l’environnement institutionnel dans ses opérations d’observation électorale et ses programmes d’assistance. […]


PLAN

  • Démocratie formelle contre démocratie réelle
  • La domination de régimes hybrides
  • Logiques de la régression démocratique


Victor Magnani est chargé de projets au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri. Il coordonne l’Observatoire de l’Afrique centrale et australe.

Thierry Vircoulon est chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri et enseignant à Sciences-Po Paris.

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Vers un retour de l'autoritarisme en Afrique ?

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Victor MAGNANI

Intitulé du poste

Ancien Chargé de projets, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Thierry Vircoulon

Thierry VIRCOULON

Intitulé du poste

Chercheur associé, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire

Accroche

La guerre civile yéménite a évolué en conflit régional. Les Houthis, alliés à l’ancien président Saleh et soutenus par l’Iran, font face aux forces du président Hadi, épaulées par une coalition menée par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. La situation humanitaire est catastrophique. Des millions de personnes sont menacées par la famine et le choléra. Dans ce chaos prospèrent les groupes terroristes comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique et, dans une moindre mesure, Daech.

François FRISON-ROCHE
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Sauver l’ordre libéral de lui-même

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

L’élection de Donald Trump est le symptôme d’une crise générale de l’ordre libéral international. Ses coûts ont été gravement sous-estimés : délocalisations brisant le pacte social, flux migratoires mal assimilables par les sociétés, divisions entre élites et masses perdantes de la globalisation, crises électorales et politiques. Les sociétés doivent adapter l’ordre libéral à leurs caractéristiques profondes, et non l’accepter comme un donné global et obligatoire.

Jennifer LIND
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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Au cœur des motivations des terroristes de l’État islamique figure la vengeance, contre un Occident vu comme l’héritier du colonialisme, et plus généralement comme agresseur des musulmans. La dimension émotionnelle est donc forte, qui induit la définition d’une identité collective et la déshumanisation de l’adversaire. Si le revanchisme est au cœur du récit djihadiste, il faut démonter sur le long terme ce discours, qui ne disparaîtra pas avec l’emprise territoriale de Daech.

Myriam BENRAAD
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Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.

Hebatalla TAHA Clément THERME

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 2 2019
Victor MAGNANI, Thierry VIRCOULON, « Vers un retour de l'autoritarisme en Afrique ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2019.
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Page couverture PE n° 2 2019

Vers un retour de l'autoritarisme en Afrique ?