Élie Tenenbaum : les 36 milliards d'euros en plus pour les armées permettent « d'être sincère vis-à-vis des engagements »
Les députés sont appelés à voter, mardi, le projet de loi actualisant la programmation militaire qui va jusqu'à 2030. Élie Tenenbaum, directeur du Centre des études de Sécurité de l'Ifri, estime que la rallonge budgétaire prévue répond aux « engagements donnés depuis plusieurs années ».
Le vote solennel sur le projet de loi actualisant la programmation militaire allant jusqu'en 2030 a lieu mardi 19 mai, à l'Assemblée nationale. Les députés doivent acter une rallonge de 36 milliards d'euros.
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« Ça permet d'être sincère vis-à-vis des engagements donnés sur les armées depuis plusieurs années maintenant »
Directeur du Centre des études de sécurité de l'Ifri
Les dizaines de milliards d'euros supplémentaires doivent permettre d'acheter « des plateformes d'équipement, des chars, des avions, des bateaux bien sûr, mais aussi beaucoup de munitions. des pièces détachées », détaille le spécialiste. « C'est aussi pour payer des soldes, entretenir des infrastructures, payer des opérations, du carburant pour faire rouler les véhicules, et globalement le fonctionnement des armées », ajoute-t-il.
Des achats en France ou en Europe
« Cette dépense d'investissement, et notamment pour les acquisitions, vous l'avez surtout, en France en tout cas, sur des matériels avec une valeur ajoutée qui est française », assure Élie Tenenbaum. « Globalement, par rapport à d'autres achats, les acquisitions militaires sont plutôt orientées sur des chaînes de valeur françaises, nationales, avec ce qu'on appelle une base industrielle et technologique de défense nationale qui est relativement cohérente », poursuit-il.
Les achats militaires peuvent aussi se faire à l'échelle européenne. « Vous avez tout un tas de projets en coopération, mais on ne le fait pas assez, ou en tout cas pas assez pour créer véritablement un effet d'entraînement ou créer les économies d'échelle que l'on chercherait, et d'autant qu'alors qu'il y a plus d'argent dans la défense, il y a une inquiétude à avoir à nouveau une forme de fragmentation du marché européen », explique Élie Tenenbaum.
>> Retrouvez les échanges en intégralité sur le site de Radio France.
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