Comment votent les Américaines ?
Potomac Papers, n° 23, septembre 2015
Les électrices américaines pourraient-elles voter en masse pour Hillary Clinton en 2016, de la même manière que les électeurs noirs ont votée pour Barack Obama en 2008 et 2012 ? Cette note de recherche explore les différents aspects du gender gap aux Etats-Unis, les débats de société autour des women's issues et la manière dont la probable candidate démocrate tentera de séduire les différents segments de l'électorat américain.
Les Américaines, surtout lorsqu’elles sont issues de minorités, votent plus largement que les hommes en faveur du Parti démocrate. Les thèmes sur lesquels ce gender gap s’exprime le plus sont le refus des engagements militaires à l’étranger et des risques liés à l’environnement et, dans une moindre mesure, le soutien des politiques sociales et de certaines évolutions des moeurs.
Cependant, l’identification minoritaire ne joue que de façon limitée lors des scrutins : seuls les électeurs indécis ou indépendants rejoignent l’électorat d’un candidat qui leur ressemble. Les électeurs du parti adverse ne changent pas d’obédience pour voter en sa faveur.
Hillary Clinton ne devrait pas cette fois-ci construire son image en fonction de son genre – que ce soit en projetant une image trop masculine (son erreur de 2008) ou en se limitant aux thèmes du féminin. La force de sa candidature tiendra à l’inverse à sa capacité à représenter l’ensemble de la population américaine.
La candidate devra toutefois préparer un discours particulier pour les différents sous-groupes de l’électorat féminin. Elle concentrera vraisemblablement une partie de son « narratif » de campagne sur l’électorat des femmes blanches, au sein duquel elle a beaucoup à gagner.
Les sujets liés au féminin (women’s issues) sont diversement présents dans le débat politique américain. Alors que les questions de contraception et d’avortement sont régulièrement agitées lors des campagnes électorales, le débat public sur le travail des femmes, l’encadrement des congés maternité et le mode de garde des enfants reste hors du champ politique.
Si la théorie du genre semble aujourd’hui prendre le pas sur le féminisme, ce dernier se réinvente sur des créneaux de niche, grâce au militantisme en ligne et à la théorie des « oppressions multiples » portée par les féministes noires.
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