Les pouvoirs coutumiers en RDC : institutionnalisation, politisation et résilience
Loin d’être un archaïsme précolonial, les chefs coutumiers sont une des premières manifestations de la modernité politique.
La généralisation de la chefferie dans le cadre territorial du Congo est en grande partie l’œuvre du colonisateur belge. Depuis l’époque coloniale, les chefs coutumiers sont parvenus à préserver leurs prérogatives et à rester les gestionnaires du foncier et les pourvoyeurs de justice locale. Leur résilience a démenti tous ceux qui prédisaient et espéraient leur inéluctable obsolescence sous l’effet de la dictature du parti unique de Mobutu et du pluralisme électoral au début de ce siècle. Cette résilience s’explique autant par leurs capacités d’adaptation que par la reconnaissance par les différents pouvoirs en place, de leur utilité institutionnelle et politique. Bien que, selon la loi, les chefs sont apolitiques, leur politisation insidieuse est aujourd’hui une réalité acceptée. La conséquence la plus évidente de la survie historique de la chefferie est son implication dans les conflits qui agitent la République démocratique du Congo. À la fois victimes et acteurs de ces conflits, les chefs coutumiers occupent une place dans les dynamiques de conflit qui fluctuent en fonction des circonstances. Cette implication représente l’inévitable contrepartie de leur rôle institutionnel et politique.
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