Spatial : l'Europe avance en ordre dispersé
Le sommet international sur l'espace qui se déroule à Paris au grand Palais les 9 et 10 septembre 2026 réunit de nombreux acteurs malgré l'absence remarquée des Etats-Unis et de l'Allemagne. Emmanuel Macron annonce 50 engagements financiers, pour près de 20 milliards d'euros, ainsi que des contrats autour d'Ariane 6 et des missions spatiales européennes.
Interview de Paul Wohrer, responsable du programme Espace à l'Institut français des relations internationales.
L'Allemagne et la tech américaine, grandes absentes du sommet de l'Espace ?
Malgré l'absence du chancelier Friedrich Merz et des géants américains du New Space comme SpaceX et Blue Origin, de nombreux acteurs américains et allemands étaient bien présents dans la salle pour suivre les prises de parole. Les États-Unis et la Chine demeurent des acteurs incontournables du secteur spatial, mais ils sont loin d'être les seuls : entre 90 et 120 États étaient représentés, preuve de l'intérêt désormais partagé par une large partie de la communauté internationale pour les enjeux spatiaux. Côté allemand, cette absence s'explique surtout par la crise politique qui a suivi, cette semaine, la percée électorale de l'AfD en Saxe-Anhalt.
Pourquoi le couple moteur franco-allemand s'essouffle sur la question spatiale
Une fragmentation croissante traverse les politiques spatiales européennes, comme le souligne le rapport Draghi. La coopération reste difficile à approfondir : plusieurs États membres, au premier rang desquels l'Allemagne, l'Italie et la France, cherchent, avec leur propre tissu industriel, à faire jeu égal avec leurs homologues européens plutôt qu'à unir leurs efforts. Cette concurrence ne se joue d'ailleurs pas seulement entre pays : elle traverse aussi les industries nationales elles-mêmes, où les jeunes pousses du New Space bousculent désormais les grands groupes historiques.
La place de l'Europe dans la dynamique mondiale
L'Europe investit environ sept fois moins que les États-Unis dans le spatial, alors même qu'elle dispose d'une base d'ingénierie reconnue comme l'une des plus solides au monde. Si le continent reste attaché à une forte retenue face à la militarisation de l'espace, il n'en doit pas moins faire face, dès aujourd'hui, à des menaces bien réelles (brouillage de signaux, cyberattaques) qui appellent une réponse.
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