Coalition, cordon sanitaire, influence russe : après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, les questions qui se posent
Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne a recueilli dimanche 43,8 % des voix en Saxe-Anhalt, loin devant le parti de centre droit, la CDU, selon des résultats encore provisoires. L’AfD pourrait devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un Land depuis 1945.
C’est un choc politique sans précédent. Avec 43,8 % des suffrages exprimés, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu, dimanche 6 septembre, dans le Land de Saxe-Anhalt, un score sans équivalent pour un parti d’extrême droite allemand depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est dans ce même Land qu’en 1932, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), celui par lequel Adolf Hitler est arrivé au pouvoir, réussissait pour la première fois à obtenir une majorité relative et à diriger le gouvernement d’un des quinze Etats constitutifs de la République de Weimar.
Dimanche, à trois sièges près, l’AfD obtenait la majorité absolue au Landtag, le parlement régional de Magdebourg. Le chef de file du parti en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, a revendiqué un « mandat très clair pour gouverner », tout en reconnaissant ne pas disposer à ce stade d'une majorité pour être élu sans difficulté au poste de ministre-président.
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- « C'est un parti qui brouille complètement les lignes et qui est très divisé - une des dirigeantes a clairement dit qu'elle ne voulait pas s'allier avec l'AfD », souligne Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Institut français des relations internationles (Ifri).
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La CDU, de son côté, a exclu toute alliance avec l'AfD. Friedrich Merz va-t-il démissionner ? Une telle avancée de l'extrême droite, même à la seule échelle régionale, constitue un véritable camouflet pour le gouvernement de Friedrich Merz. « Son candidat a complètement échoué alors qu'il avait même promis de diviser par deux le score de l'AfD. Or, c'est tout l'inverse qui s'est produit », analyse Paul Maurice.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
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D'autant que comme l'a rappelé Friedrich Merz, deux autres scrutins régionaux sont prévus d'ici fin septembre, en Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord) où l'AfD est en tête selon les sondages, et à Berlin où CDU, extrême gauche et extrême droite sont au coude-à-coude. Y a-t-il un risque de contagion ? « Si Berlin est à l'abri, le résultat électoral de Saxe-Anhalt pourra alimenter la dynamique de campagne de l'AfD dans le Mecklembourg », prévient Elisa Goudin-Steinman.
- Avec toutefois quelques gardes-fous, le candidat du parti d'extrême droite dans ce Land de l'Est est « moins populaire » et son opposante, elle, « très implantée », temporise Paul Maurice.
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