Groenland, droits de douane : Friedrich Merz sauvé par la reculade de Donald Trump
Désireux de participer à un front européen uni sans pour autant se mettre à dos les États-Unis, le chancelier allemand s’est livré à un périlleux numéro d’équilibriste dans un contexte de grande tension autour du Groenland.
Parfois surnommé dans son pays « le chancelier de l’extérieur », en raison de son appétence pour les affaires étrangères, Friedrich Merz a été confronté ces derniers jours à un agenda plus que chargé sur le plan international. « Mais il y a fort à parier qu’il sera soulagé que cette séquence se termine », souligne un fin connaisseur de l’Allemagne. De Berlin à Rome en passant par Davos et Bruxelles, le chancelier a vécu une folle semaine au cours de laquelle il s’est livré à un périlleux numéro d’équilibriste, tentant de ne froisser ni ses partenaires européens ni son allié américain, dans un contexte de grande tension autour du devenir du Groenland. En prime, le dossier du Mercosur, en faveur duquel il avait publiquement et fermement pris position, se complique avec la saisine de la Cour de justice par le Parlement européen.
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Lundi, à la suite d’un déplacement à Berlin prévu de longue date du ministre français de l’Économie, Roland Lescure, la France et l’Allemagne publient un communiqué commun. Paris et Berlin s’y déclarent « prêts à utiliser pleinement les instruments de l’UE » et notamment, « si nécessaire », l’instrument anticoercition , « bazooka » créé en 2023, et pour l’heure encore jamais employé.
Mais en interne, « l’Allemagne ne réagit pas de manière unie » , note Paul Maurice, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Institut français des relations internationales (Ifri).
Le vice-chancelier et ministre des Finances, Lars Klingbeil (SPD), assure ainsi qu’il ne « cédera pas »au « chantage » américain et que l’Europe « donnera une réponse claire et unanime ».
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« Merz mise maintenant sur Meloni »
Le leader allemand quitte ensuite Davos pour Bruxelles, où il retrouve dans la soirée les dirigeants des 26 autres pays membres de l’Union européenne pour un sommet extraordinaire. Dernière étape de sa folle semaine : Rome, où il rencontre ce vendredi la première ministre Giorgia Meloni dans le cadre de « consultations gouvernementales germano-italiennes ». « L’Italie et l’Allemagne sont plus proches que jamais », s’est félicité le chancelier sur le réseau social X à l’issue de la journée. Ce rapprochement n’a d’ailleurs pas échappé à la presse allemande. « Macron, c’est du passé. Merz mise maintenant sur Meloni », a ainsi titré la Süddeutsche Zeitung .
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Que le chancelier cherche à renforcer d’autres alliances dans la perspective du départ d’Emmanuel Macron en 2027 et de l’incertitude de ce qu’il adviendra en France après la prochaine élection présidentielle n’est pas anormal, souligne Paul Maurice, qui tient à relativiser : « Il ne faut pas analyser toute rencontre de l’Allemagne ou de la France avec d’autres pays européens comme un signal de fin du moteur franco-allemand ».
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
Un moteur crucial pour l’Europe, à l’heure de l’avènement de « l’ère des grandes puissances », comme l’a déclaré Friedrich Merz dans son discours à Davos.
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