Midterms 2026 : la Russie espère que Donald Trump poursuivra ses « efforts de paix » malgré la victoire des démocrates
Fragilisé sur la scène politique intérieure, le président américain pourrait intensifier son activisme diplomatique. Notamment en cherchant à forcer la conclusion d’un accord sur l’Ukraine d’ici à janvier 2027, date de l’entrée en fonctions du nouveau Congrès.
Ni Vladimir Poutine ni Sergueï Lavrov, son fidèle ministre des affaires étrangères, n’ont publiquement commenté la défaite de Donald Trump et la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis, mardi 3 novembre. Mais, vingt-quatre heures après l’annonce des résultats, leurs porte-parole respectifs ont fini par faire passer le message officiel : rien n’a changé à Washington, et Moscou continuera de travailler avant tout avec le président américain, dont le revirement en faveur de la Russie doit mener à des « deals » commerciaux entre les deux pays.
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Poutine gagnant dans tous les cas
A Moscou, le message est donc clair : les élections n’ont pas changé la donne à Washington. C’est même « business as usual ». La preuve : dès jeudi 5 novembre, Donald Trump recevait à la Maison Blanche Kirill Dmitriev, l’émissaire du Kremlin, invité par l’épouse du président, Melania Trump. Directeur général du Fonds d’investissement direct russe (RDIF) et marié à une amie d’enfance de l’une des filles de Vladimir Poutine, il est à la manœuvre pour convaincre Washington que la paix en Ukraine passera d’abord par des « deals » commerciaux. Deux mois jour pour jour après avoir reçu à Moscou Steve Witkoff et Jared Kushner, les émissaires américains, Kirill Dmitriev était hôte d’honneur à Washington. Il y a publiquement fait l’éloge de Melania Trump. Mais il s’est bien gardé de commenter les résultats électoraux américains.
« Moscou n’a jamais misé sur un parti ou le Congrès, mais sur un homme et ses émissaires de confiance. Fort ou affaibli, l’essentiel pour le Kremlin est que Trump reste encore deux ans à la Maison Blanche. Avec un Congrès républicain, Trump aurait poursuivi l’érosion du soutien à l’Ukraine ; avec un Congrès démocrate, il garde la main sur la politique étrangère et son droit de veto et peut toujours retarder le décaissement d’une aide votée.
Selon elle, Vladimir Poutine est gagnant dans tous les cas. Fragilisé chez lui, le président américain pourrait désormais chercher sa revanche à l’extérieur : en forçant un accord sur l’Ukraine, ou en relançant la guerre contre l’Iran, ce qui doperait la demande mondiale d’hydrocarbures russes.
« Dans les deux cas, les revirements à Washington nourrissent le récit du déclin américain et du dysfonctionnement démocratique, pain bénit pour la propagande intérieure du Kremlin », rappelle Tatiana Kastouéva-Jean.
A Moscou, plusieurs experts russes envisagent ainsi une intensification de l’activisme diplomatique de Donald Trump.
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>Lire l’article sur le site du Monde.
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