Les employés civils sur les bases américaines au Japon. La face cachée de la coopération nippo-américaine
La problématique des bases américaines au Japon, pierres angulaires du Traité de sécurité nippo-américain, a été longtemps étudiée sous l’angle de leur utilité stratégique, de la politique de défense de l’archipel et des relations bilatérales entre Tôkyô et Washington.
Dans ce cadre, une attention particulière a été souvent accordée aux bases d’Okinawa qui concentrent l’essentiel des forces américaines stationnées au Japon et des problèmes de cohabitation et de voisinage entre ces installations et leur environnement. Si ces bases sont bien évidemment peuplées de militaires, elles intègrent également une dimension civile beaucoup moins connue, mais indispensable à leur fonctionnement.
Il s’agit par conséquent de déterminer comment cette dimension civile – elle-même composite ‒ interagit avec la composante militaire, quelles sont les différences de statuts et comment elle a évolué au fil du temps. Cette dimension civile fait également ressortir la part importante des ressortissants japonais qui travaillent sur ces bases, alors même que l’existence de ces dernières est parfois localement controversée.
Les employés japonais sont donc au cœur du paradoxe caractérisant les bases comme objets à la fois de contestation politique et d’intégration sociale. Mais ils sont aussi au centre du bras de fer ayant longtemps opposé le Japon et les États-Unis sur le coût de l’Alliance, Washington ayant longtemps considéré que Tôkyô ne payait pas assez pour la protection américaine.
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