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Une Europe démilitarisée ? Un regard américain

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Politique étrangère, vol. 79, n° 1, printemps 2014
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Le reproche adressé par les Américains aux Européens de négliger l’engagement de défense n’est pas nouveau, et il est souvent exagéré. Il a pris une ampleur nouvelle face à l’échec de l’Union européenne à se construire comme acteur stratégique et devant les coupes budgétaires engendrées par la crise de 2008. Pour inévitables que soient ces coupes, elles pourraient cependant menacer la capacité d’action des Européens en matière internationale, même pour les plus puissants d’entre eux.

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Archive de Politique étrangère
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Depuis l’invasion controversée de l’Irak en 2003 et depuis l’opuscule de Robert Kagan qui décrivait, à la même époque, des Européens doux et féminins venant de Vénus, face à des Américains durs et masculins venant de Mars, une nette différence d’attitudes est devenue manifeste de part et d’autre de l’Atlantique à l’égard de la sécurité, nationale et internationale. On peut sans doute parler, en ce début de siècle, d’un fossé qui se creuse dans les valeurs post-guerre froide.


On se concentrera ici sur le débat transatlantique autour de la « démilitarisation » de l’Europe. Est-elle réelle ? Les États européens, qui totalisent ensemble presque un quart des dépenses mondiales d’armement et de défense (24 % en 2012) et dont certains comptent parmi les principaux exportateurs d’armes, sont-ils donc désarmés ?


L’impasse transatlantique


L’élite politique américaine exprime depuis longtemps son inquiétude concernant l’effort de défense, ou son absence, des alliés européens. Même pendant la guerre froide, les États-Unis se sont montrés avec constance insatisfaits des contributions européennes à l’Alliance.


L’absence de forces terrestres suffisantes face à l’hypothèse d’une invasion soviétique a poussé les responsables militaires américains à faire pression en faveur du réarmement de l’Allemagne dès 1948 (avant même que le nouvel État ouest-allemand ne soit créé en mai 1949). Pour la même raison, Washington incita les Français à ratifier la Communauté européenne de défense (CED) : en décembre 1953, John Foster Dulles expliquait que si Paris ne jouait pas son rôle, une « douloureuse révision » de la politique étrangère des États-Unis à l’égard de l’Europe serait nécessaire…


Une décennie plus tard, dans le contexte de la coûteuse guerre du Vietnam, la volonté américaine de « partager le fardeau » se fit insistante, pesant sur les relations transatlantiques. Les alliés ne parvinrent jamais à se mettre d’accord sur les effectifs terrestres que les Européens devraient fournir, ni sur les montants budgétaires nécessaires. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • L’impasse transatlantique
  • L’Union européenne, acteur militaire failli ?
  • Des menaces diversement perçues
  • Les « trois grands » de l’Europe et les crises de Libye et de Syrie
  • Les dépenses militaires de l’Europe : un bilan moins grave qu’on ne le croit ?
  • Une fausse perception des dépenses militaires européennes
  • Un nouveau militarisme européen est-il souhaitable ?
  • Perspectives

 

Klaus Larres est titulaire de la chaire Richard M. Krasno Distinguished Professor en histoire et relations internationales à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill (UNC) et Senior Fellow à la School of Advanced International Studies (SAIS) de l’université Johns Hopkins à Washington.
 

Traduit de l’anglais par Dragos Bobu.
 

Il est possible de lire l’article en langue anglaise – The United States and the ‘Demilitarization’ of Europe: Myth or Reality?


Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 1, printemps 2014 

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Une Europe démilitarisée ? Un regard américain

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Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
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Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

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Fabian HOFFMANN

Comment citer cette étude ?

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Couv Politique étrangère 1-2014
Klaus LARRES, « Une Europe démilitarisée ? Un regard américain », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2014.
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Une Europe démilitarisée ? Un regard américain