Les relations entre l’Europe et l’Afrique vues à travers le prisme franco-allemand
Allemagne d'aujourd'hui, n° 236, avril-juin 2021
L’année 2020 devait être une année charnière pour (re)formuler la stratégie africaine de l’Europe. L’Allemagne et la France s’étaient engagées à renforcer les relations entre les deux continents. Basé sur une approche historique, ce papier propose d’analyser les évolutions des politiques africaines de Paris et de Berlin et leur éventuel impact sur une stratégie africaine de l’UE.
En mars 2020, la Commission européenne et le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, posent les jalons d’une nouvelle stratégie africaine de l’Europe. Ils publient une communication conjointe présentant l’Afrique comme partenaire clé de l’Europe à travers un programme qui devait être concrétisé lors du sixième sommet de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) prévu à Bruxelles en octobre 2020. À cette occasion, le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell déclare alors qu’« [u]ne partie de l’avenir de l’Europe se joue en Afrique. Pour relever nos défis communs, nous avons besoin d’une Afrique forte, tout comme l’Afrique a besoin d’une Europe forte. Nous avons tout à gagner d’un renforcement de notre partenariat, déjà très solide, dans des domaines tels que la paix et la stabilité, la pauvreté et les inégalités, le terrorisme et l’extrémisme. Chacun de nos deux continents a besoin de l’autre, pour devenir plus forts, se renforcer l’un l’autre et concrétiser une ambition commune : un monde meilleur ayant pour socle un ordre international fondé sur des règles ». C’est également en 2020 que s’est achevé l’accord de Cotonou, signé en 2000 et qui structurait jusqu’alors les relations économiques entre l’Europe et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
Alain Antil est le directeur du Centre Afrique Subsaharienne de l'Ifri.
Sina Schlimmer est chercheuse au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri.
Cet article est paru dans la revue Allemagne d'aujourd'hui, n° 236, avril-juin 2021 (pages 129 à 142) intitulée "Bilan de la présidence allemande du Conseil de l'Union européenne", co-dirigée par Paul Maurice, Hans Stark et Jérôme Vaillant.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesPropagande en ligne en temps de guerre au Soudan
Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.
Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.