Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Chine/Corée du Sud : une frustration réciproque

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 2 2021
Accroche

Les relations entre Séoul et Pékin sont de longue date marquées par l’alternance de rapprochements et de difficultés. Pékin cherche à éloigner la Corée du Sud des États-Unis. Séoul entend préserver ses relations avec la Chine, son premier partenaire commercial, tout en gardant la garantie de sécurité américaine. L’équilibrisme sud-coréen pourrait s’avérer dans l’avenir proche difficile à tenir, et Séoul pourrait avoir intérêt à s’appuyer, au-delà de Washington, sur d’autres partenaires.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Le 24 octobre 2022, Séoul et Pékin fêteront le 30e anniversaire de leurs relations diplomatiques, et ont annoncé, dans ce cadre, le lancement d’une Commission pour le développement futur des relations bilatérales. Si en moins de 30 ans, leurs échanges commerciaux ont augmenté de 5 000 %, passant de 6 milliards de dollars en 1992 à près de 300 milliards en 2019, les deux pays ont de plus en plus de mal à cacher leurs frustrations. Frustrations notamment mises en exergue en 2017, avec le déploiement par la Corée du Sud d’un système de défense antimissile américain contre la menace nord-coréenne, et les critiques et sanctions économiques chinoises prises en retour.


Pékin ne parvient pas à faire de la Corée du Sud un pays neutre et à la distancier des États-Unis. Séoul tente en effet de gérer au mieux ses deux principales relations bilatérales, avec d’un côté son allié et sa principale garantie de sécurité – les États-Unis –, et de l’autre son premier partenaire commercial – la Chine. En témoignaient en avril dernier la rencontre du ministre sud-coréen des Affaires étrangères avec son homologue chinois dans le sud de la Chine, et parallèlement la rencontre du directeur du Bureau de la sécurité nationale sud-coréen avec ses homologues américain et japonais à Washington. Cette politique d’équilibriste est mise à mal par la détérioration sans précédent de l’image de la Chine en Corée du Sud, qui limite les marges de manœuvre de Séoul dans sa coopération avec la Chine, mais qui l’incite aussi à se rapprocher, sans s’aligner, de certains formats de coopération multilatéraux perçus par Pékin comme influencés par Washington – dont le Dialogue stratégique quadrilatéral (Quad).


Séoul ne parvient pas à convaincre la Chine de faire davantage pression sur la Corée du Nord tant pour se dénucléariser que pour améliorer durablement les relations intercoréennes, alors que doit être célébré cette année le 60e anniversaire du Traité d’amitié, d’aide mutuelle et de coopération sino-nord-coréen. Avant la pandémie de COVID-19, les deux alliés avaient multiplié les interactions, avec pas moins de cinq rencontres entre le secrétaire général du Parti communiste chinois Xi Jinping et le secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée Kim Jong-un, entre mars 2018 et juin 2019, sans résultat concret pour Séoul. Alors que les tensions sino-américaines continuent de s’aggraver depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration Biden, la Corée du Nord garde une valeur stratégique pour Pékin, constituant un levier possible face aux États-Unis, mais aussi, dans une moindre mesure, à la Corée du Sud. [...]


PLAN

  • Depuis la fin de la guerre froide : un rapprochement par à-coups
  • Le tournant du THAAD et la mise en avant de différends structurels
  • Une politique étrangère de funambule de plus en plus remise en cause


Antoine Bondaz est directeur des programmes Corée et Taïwan à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et enseignant à Sciences Po.

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Chine/Corée du Sud : une frustration réciproque

Decoration
Auteur(s)
Image principale

L’après-poutinisme en Russie : une succession ouverte ?

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

Un débat semble s’ouvrir, y compris dans les cercles du pouvoir, sur l’après-Poutine. S’agit-il de maintenir, au-delà de l’actuel président, un État au fonctionnement spécifique par rapport aux normes occidentales ? Le projet purement politique n’est pas seul en cause, tant la dégradation économique et le mécontentement de la population pourraient s’imposer aux dirigeants. L’avenir du régime dépendra largement des choix économiques du gouvernement, de leur succès ou de leur échec.

Vladimir TCHERNEGA
Image principale

L’Union européenne vue de Russie

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

La crise entre l’Union européenne et son voisin russe s’approfondit depuis l’annexion de la Crimée, et nulle solution ne semble annoncer une amélioration de la compréhension mutuelle. Les deux parties ne voient manifestement pas le monde et ses problèmes de la même manière. On essaie ici de reconstituer le schéma narratif russe sur le monde post-guerre froide, de déconstruire la vision russe de l’UE, pour mieux comprendre la nature des divergences et leurs vrais enjeux.

Roman VOLKOV
Image principale

Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
Image principale

Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 2 2021
Antoine BONDAZ, « Chine/Corée du Sud : une frustration réciproque », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 2 2021

Chine/Corée du Sud : une frustration réciproque