Europe centrale : l’Initiative des Trois mers
Lancée en 2016, l’Initiative des Trois mers réunit 12 pays d’Europe centrale, membres de l’UE, pour renforcer la coopération économique dans l’espace entre la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire, selon un axe Nord-Sud. Le sommet de l’Initiative à Varsovie a été marqué par la présence du président des États-Unis. Donald Trump y a exprimé son appui, en abordant les questions de coopération dans deux domaines stratégiques : l’énergie et la défense. Depuis, l’Initiative a gagné en visibilité.
L’Initiative des Trois mers (ITM), plate-forme de coopération entre 12 pays d’Europe centrale, tous membres de l’Union européenne (UE), a été lancée avec son premier sommet à Dubrovnik en Croatie, les 25 et 26 août 2016. L’idée d’une coopération renforcée dans l’espace centre-européen entre Baltique, Adriatique et mer Noire avait été mise en avant par le président polonais Andrzej Duda lors de sa campagne présidentielle. Après son élection le 24 mai 2015, le nouveau président polonais a mis au centre de sa politique l’accélération du développement économique des pays de l’Europe centrale selon un axe Nord-Sud, en particulier dans les domaines stratégiques des transports, de l’énergie et de la communication, tous trois en retard de développement par rapport à l’axe Est-Ouest.
L’idée de cette coopération trouve ses racines dans l’histoire polonaise. En premier lieu, cette idée renoue avec le souvenir de la République des Deux Nations, union politique et militaire entre le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie, scellée par l’Union de Lublin en 1569. L’État issu de cette Union allait de la Baltique à la mer Noire. Mais c’est surtout à un temps plus récent que l’on peut faire référence, avec le projet géopolitique de Jozef Pilsudski : l’Intermarium (Miedzymorze en polonais). Né dans l’entre-deux-guerres avec pour objectif de fédérer les pays d’Europe centrale et orientale, ce projet est souvent considéré comme la source d’inspiration principale de l’ITM. Face à la suprématie de l’Allemagne et de l’URSS dans la région, cette fédération, couvrant l’espace entre les trois mers, devait permettre de renforcer les pays en les rassemblant, et de faire face aux menaces qui se profilaient aussi bien à l’Ouest qu’à l’Est. Toutefois, l’Intermarium de l’entre-deux-guerres a été considéré par les voisins de la Pologne comme l’expression de ses ambitions expansionnistes, et le projet est resté au stade du concept.
L’idée du nouveau président polonais a trouvé un écho favorable chez la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic. Ensemble, ils ont pris la décision de promouvoir l’Initiative auprès des autres dirigeants des pays de la région. La 70e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) fut l’occasion de premiers échanges à ce sujet. Par la suite, la préparation du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) de Varsovie, les 8 et 9 juillet 2016, constitua une autre opportunité d’échange entre les chefs d’État de neuf pays d’Europe centrale situés sur le flanc est de l’OTAN, qui se sont réunis le 4 novembre 2015 à Bucarest. […]
PLAN
- Le sommet de Dubrovnik lance l’Initiative des Trois mers
- Le sommet de Varsovie et la présence de Donald Trump
- La Déclaration du sommet de Varsovie
- Les projets d’infrastructure de l’Initiative des Trois mers
- L’Initiative des Trois mers et les craintes de divisions dans l’UE
Dorota Richard, docteur en science politique et relations internationales, est spécialiste de l’Europe centrale et orientale.
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Europe centrale : l’Initiative des Trois mers
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