Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique
Depuis une décennie, l’intérêt de la Russie pour l’Arctique s’est développé. Des projets économiques ont vu le jour, en particulier dans le domaine énergétique et en matière de transport maritime. Cette région – qui héberge la plus grande part de l’arsenal nucléaire russe – est importante pour Moscou sur le plan militaire. Si des tensions avec d’autres États arctiques ne sont pas à exclure, la Russie a intérêt à maintenir une stabilité propice au développement économique.
L’Arctique occupe depuis une dizaine d’années une place de choix dans les priorités du gouvernement russe, ce qui n’était pas le cas pendant la majeure partie des années post-guerre froide. Si les autorités de cette époque en reconnaissaient l’importance, leurs déclarations, celle de 2001 par exemple, n’étaient pas pour autant suivies d’effets. Quelques années plus tard, l’attention croissante suscitée par la région à l’échelon national et international provoqua le regain d’intérêt des Russes.
Moscou produit alors une série de documents stratégiques, dont les Principes Fondamentaux de la politique d’État de la Fédération de Russie dans l’Arctique à l’horizon 2020 – document de 2008 définissant intérêts et objectifs politiques du pays –, suivi de la Stratégie pour le développement de l’Arctique russe et pour la sécurité nationale à l’horizon 2020. Cette stratégie, adoptée en février 2013, est assortie d’un plan de mise en œuvre en octobre 2013. La région arctique figure également dans plusieurs autres documents stratégiques consacrés au développement socio-économique ou aux politiques de transport et d’énergie, pour n’en citer que quelques-uns.
Ces documents le soulignent, les politiques et intérêts russes dans l’Arctique sont complexes et multidimensionnels ; ils reflètent une large palette de priorités et d’objectifs qui semblent parfois contradictoires, voire incompatibles. Certains ciblent explicitement et exclusivement la région, d’autres s’inscrivent dans le contexte plus général des intérêts nationaux de la Russie et de ses relations internationales. L’objectif stratégique ultime de ces politiques étant de maintenir la position de la Russie comme principale puissance arctique.
Les objectifs économiques de Moscou
L’intérêt grandissant de la Russie pour l’Arctique, en particulier depuis une décennie, s’explique d’abord par la perspective de revenus considérables : la région est vue comme un important réservoir de ressources naturelles, notamment de réserves énergétiques et de minéraux convoités. En plus d’offrir de riches pêcheries et de constituer une nouvelle frontière pour un secteur touristique en plein essor, le passage du Nord-Est (Northern Sea Route – NSR) pourrait en outre devenir une voie de communication stratégique entre l’Europe et l’Asie. Entre 11 % et 20 % du PIB de la Russie, et 20 % et 22 % de ses exportations totales, sont d’ores et déjà générés au-delà du cercle polaire arctique. [...]
PLAN
- Les objectifs économiques de Moscou
- Les objectifs militaires et stratégiques russes
- Les objectifs de coopération internationale
Katarzyna Zysk est professeur associé au Norwegian Institute for Defence Studies d’Oslo.
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Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique
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La « saoudité » reste difficile à définir, et elle suggère à la fois un type de débat politique très spécifique et la peur profonde d’une implosion immaîtrisable. C’est dans ce cadre que s’inscrit la relation conflictuelle avec le Qatar, représentant pour Riyad une idéologie des Frères musulmans antagonique avec ses propres conceptions. La modification de l’ordre de succession royal entérine un saut de génération, et un printemps arabe ne semble pas devoir toucher prochainement Riyad.
Le Conseil de l’Arctique, la force des liens faibles
Le Conseil de l’Arctique a été créé en 1996. Il permet aux huit États possédant des territoires au nord du cercle polaire de dialoguer et de développer des projets de coopération. Conçu comme une structure souple orientée vers les échanges scientifiques, il évolue progressivement vers une plus forte institutionnalisation et permet de désamorcer certaines tensions. Des sujets plus politiques y sont désormais abordés, et des normes juridiquement contraignantes y ont été adoptées.
Comprendre les rivalités arctiques
Avec le réchauffement climatique, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour l’Arctique. Des opportunités apparaissent dans le domaine du transport maritime et de l’exploitation des ressources naturelles. Si des différends territoriaux persistent dans la zone, nul acteur n’a intérêt à ce que les tensions dégénèrent. La stabilité de la région est en effet essentielle à son développement économique. Les tensions entre la Russie et les États arctiques membres de l’OTAN devraient donc être contenues.
Lutte contre le terrorisme : la Belgique, maillon faible ?
Après les attentats de 2015 et 2016, la Belgique a été pointée du doigt et a fait l’objet d’un véritable Belgium bashing. Les critiques émises étaient parfois exagérées mais pas totalement injustifiées : les ministères régaliens avaient fait l’objet de coupes budgétaires drastiques et la complexité du système politico-administratif belge rendait la coopération entre services difficile. Une commission d’enquête a tiré les leçons des attentats et de profondes réformes ont été entreprises.