Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L'Europe et ses populations excédentaires

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, n° 2, printemps 1954
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°2 Avril Mai 1954
Accroche

Lorsque les dix-huit gouvernements représentés à Bruxelles en novembre et décembre 1951 à l'hôtel Atlanta adoptèrent la Résolution qui porte le nom de la capitale belge et créèrent l'organisation alors nommée Comité intergouvernemental provisoire pour les Mouvements migratoires d'Europe, un acte important, sous une apparence modeste, venait d'être fait dans un domaine jusqu'alors trop négligé.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Le problème des populations excédentaires de l'Europe — problème qui, entre les deux guerres, avait joué si puissamment contre la paix, puisqu'il avait servi de base à la théorie de l'espace vital et de prétexte à une politique d'agression — venait en effet d'entrer réellement dans la voie de l'organisation et de la coopération internationales. Il n'y entrait sans doute que sous une forme provisoire à titre d'expérience, avec des moyens limités, en dehors des Nations Unies et en quelque sorte par la petite porte, sous le seul aspect de l'émigration outre-mer, mais il y entrait cependant, et par là le problème se trouvait porté, au même titre que l'avait été celui des personnes déplacées, celui des réfugiés arabes en Palestine, ou celui de la reconstruction et de l'assistance en Corée, au rang des grands problèmes internationaux jugés dignes d'un effort international.

 

Le nom de Bruxelles restera associé à ce texte dont l'importance réelle dépasse de loin l'apparence et les dispositions modestes. On a parfois critiqué cette Résolution en disant en particulier qu'on avait alors commis l'erreur de ramener toute la question de l'émigration outre-mer à une affaire de transports. Mais c'était en un temps où beaucoup de gouvernements hésitaient encore soit sur la nécessité de l'effort à entreprendre, soit sur le type d'organisation le mieux qualifié pour l'entreprendre. Entre le projet présenté à Naples par le Bureau international du travail (BIT) et ce qu'on appelait alors le projet américain ou projet de l'Organisation internationale des réfugiés (OIR), les différents gouvernements, et dans plusieurs pays les autorités nationales elles-mêmes, d'un côté les Affaires étrangères, de l'autre les ministères du Travail, se trouvaient souvent divisés. On reprochait généralement au premier projet son ambition, tout en soulignant qu'il n'avait pas l'appui des États-Unis ; au second on reprochait sa modestie. Les organisations et instances internationales Organisation européenne de coopération économique (OECE), Conseil de l'Europe, pour n'en citer que deux, se rangeaient elles-mêmes d'un côté ou de l'autre, et l'on put craindre ce que M. Giusti del Giardino a appelé à l'époque la « guerre des organisations ». En fait, l'espoir de voir aboutir après l'échec de Naples le mince projet présenté à Bruxelles, projet qui représentait pour ceux qui ont bien voulu le comprendre alors un essai de mise en oeuvre de la solidarité internationale dans le domaine des migrations outre-mer, ne tenait vraiment qu'à un fil ; c'est miracle que celui-ci ne se soit pas brisé.
 

PLAN DE L'ARTICLE

  • Qu'est-ce qu'une population excédentaire ?
  • Le monde est-il surpeuplé ?
  • Les choix politiques

 

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Thématiques analyses
Régions

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L'Europe et ses populations excédentaires

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil

Date de publication
21 juin 2022
Accroche

La baisse des violences pourrait laisser penser que la guerre en Syrie est en passe de prendre fin. En fait, le conflit est temporairement gelé mais les conditions d'une reprise des hostilités sont bel et bien présentes. Le pays est actuellement divisé en quatre zones contrôlées respectivement par le régime épaulé par Moscou et Téhéran ; par l'administration autonome du Nord-Est soutenue par Washington ; par la Turquie ; et les djihadistes d'Hayat Tahrir Al-Sham. Le statu quo risque de ne pas durer.

Fabrice BALANCHE
Image principale

Influence et nuisance dans les relations internationales

Date de publication
21 juin 2022
Accroche

Pour imposer leur volonté sans utiliser la force, certains États déploient des stratégies d'influence. Selon la nature de leur régime, ils recourent plus ou moins à la séduction, l'attractivité, la contrainte, la nuisance ou encore la rémunération. Ces stratégies se déploient par différents canaux : médias, culture, éducation, entrisme et technologies numériques. Les pays européens prennent progressivement conscience de ces défis, mais ils se doivent d'agir plus vigoureusement.

Pierre BUHLER Frédéric CHARILLON
Image principale

L’Union européenne peut-elle apaiser les rapports Paris-Alger ?

Date de publication
21 juin 2022
Accroche

L'Algérie et l'Union européenne (UE) sont liées par un accord d'association entré en vigueur en 2005, mais cet accord n'a pas permis d'insuffler les réformes attendues par Bruxelles. La Politique européenne de voisinage offre néanmoins des avantages et opportunités. Son côté technocratique et pragmatique peut permettre de conduire des coopérations de manière dépassionnée, même si les tensions récurrentes entre Paris et Alger ne manquent pas d'affecter la relation avec l'UE.

John O'ROURKE
Image principale

Alger au Sahel : stabilité et sécurité

Date de publication
21 juin 2022
Accroche

Entourée d'une Libye et d'un Sahel plongés dans la tourmente, Alger tente de redéfinir son rôle régional après la longue parenthèse Bouteflika. Puissance incontournable de la région, elle joue pour ce faire de son héritage d'une diplomatie de dialogue, affirmant de plus en plus ses choix propres : coopérations bilatérales, organisation d'une réponse régionale à l'instabilité, diplomatie économique, dans une logique qui demeure méfiante vis-à-vis des acteurs extérieurs à la zone.

Yahia H. ZOUBIR Abdelkader ABDERRAHMANE

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°2 Avril Mai 1954
Robert ROCHEFORT, « L'Europe et ses populations excédentaires », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 avril 1954.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°2 Avril Mai 1954

L'Europe et ses populations excédentaires