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Orban et le souverainisme obsidional

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Politique étrangère, vol. 82, n° 1, printemps 2017
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Page couverture PE 2017 n° 1
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Les régimes d’Europe centrale tentés par l’autoritarisme et le souverainisme s’appuient sur le retour à un passé mythique, qui s’articule paradoxalement à une reprise de certaines pratiques des temps communistes. D’autres dimensions caractérisent leur glissement hors de l’état de droit démocratique : rapport aux médias, à l’opposition… Ces régimes vont à l’impasse. Seules les sociétés civiles et l’Union européenne peuvent s’opposer à une dynamique dangereuse bien au-delà de ces pays.

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Alors que le monde occidental connaît une mutation en apparence profonde, l’Europe centrale conservatrice semble avoir un train d’avance. Le nouveau président américain n’associe pas son mandat à la défense des droits de l’homme mais à ce que le politologue bulgare Ivan Krastev a nommé « la doctrine Bieber » : son « You should go and love yourself » est transposé en cette « priorité nationale » prônée depuis longtemps par les droites extrêmes, et parfois moins extrêmes.


La liste des adeptes de ce culte national particulier est longue mais elle comprend sans aucun doute, à droite, les partisans de cette « contre-révolution culturelle » aux relents vert-de-gris lancée par Orban et Kaczynski à Krynica le 6 septembre 2016, ainsi que les anciens et nouveaux présidents tchèques, Vaclav Klaus et Milos Zeman. En l’occurrence, la vision d’une communauté nationale fermée et d’une brutalité d’État autorisée par l’absence de juridiction supranationale, s’enrichit d’un protectionnisme économique et d’un soutien aux plus riches de chaque pays, s’ils se soumettent à la ligne politique nouvelle. L’État n’est plus neutre, et la corruption n’est pas une question centrale.


En ce début 2017, la remise en cause des mécanismes institutionnels et des droits des citoyens et des non citoyens va jusqu’à déstabiliser le socle acquis au xviii e siècle : contrôle parlementaire de l’activité budgétaire de l’État, habeas corpus, renonciation aux atteintes de l’État aux libertés individuelles, égalité face à la loi indépendamment de la naissance ou des « relations ».


La question posée est double. Si l’Europe centrale peut être vue comme précurseur dans une évolution plus générale, s’agit-il là d’une exception liée aux caractéristiques particulières de la région ? Et quelles indications tirer des traits les plus « modernes » des évolutions récentes en Europe centrale pour comprendre ce qui attend le reste de l’Union européenne et d’autres pays ?


Le retour vers un passé mythique


Ce nationalisme est bien au cœur de l’anticipation post-démocratique centre-européenne, comme on l’a vu dès 2010 avec l’installation au pouvoir de Viktor Orban et la « Loi fondamentale » entrée en vigueur début 2012. En instaurant la « constitution historique » comme référence dans ce nouvel ordre juridique, Orban a semblé procéder à la réaffirmation d’une tradition nationale séculaire, avec un retour jusqu’au Moyen Âge symbolisé par le culte de la Sainte Couronne. […]


PLAN

  • Le retour vers un passé mythique
  • Des novations ?
  • Quelles réponses ?


Paul Gradvohl, docteur en histoire de l’université Paris Sorbonne, est maître de conférences à l’université de Lorraine. Il a dirigé le Centre de civilisation française et d’études francophones de l’université de Varsovie de 2012 à 2016.

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Orban et le souverainisme obsidional

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Un renouvellement de la démocratie par le bas ? Les mouvements Indignés et Occupy

Date de publication
20 mars 2017
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Depuis 2011, d’importantes mobilisations citoyennes dénoncent les politiques d’austérité et les dysfonctionnements de la démocratie représentative. Des mouvements comme les Indignés ou Occupy réclament la mise en place de nouvelles formes de pratiques démocratiques. Toutefois, pour pouvoir perdurer et se développer, ces mouvements sont obligés de s’insérer, au moins partiellement, dans le jeu politique traditionnel. L’émergence de Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne en est l’illustration.

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Crise de l’Union européenne ou crises de la démocratie ?

Date de publication
20 mars 2017
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Les institutions européennes sont régulièrement mises en cause pour leur déficit démocratique. Pourtant, depuis les années 1990, les traités successifs ont instauré différents instruments permettant de pallier ce déficit. Aujourd’hui, la crise de l’Union européenne est sans doute plus profonde et dépasse la question du fonctionnement des institutions. Elle touche la confiance même qu’ont les citoyens dans le projet d’intégration et dans la démocratie.

Sabine SAURUGGER
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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

Date de publication
21 juin 2017
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L’Italie fait face à une crise économique profonde. Malgré l’application de mesures d’austérité recommandées par les autorités européennes, la croissance est en berne et le chômage progresse. Les privatisations ont eu pour effet de faire passer des fleurons de l’industrie sous pavillon étranger. L’État ne joue plus son rôle de régulateur et ne parvient à endiguer ni la corruption ni la fraude fiscale. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle se double d’une crise politique.

Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

Jonathan STORY

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Page couverture PE 2017 n° 1
Paul GRADVOHL, « Orban et le souverainisme obsidional », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2017.
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Orban et le souverainisme obsidional