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Stratégie et liberté d’action

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Politique étrangère, vol. 83, n° 1, printemps 2018
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Page couverture PE n° 1 printemps 2018
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Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.

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La stratégie est l’art de l’action, mais aussi l’art « pour » l’action : elle doit produire des résultats. Dans son style inimitable, Winston Churchill aimait à le répéter : « Quelle que soit sa beauté, l’important pour la stratégie, c’est qu’elle délivre. » Le stratège doit pouvoir agir : l’art de penser l’action n’a d’intérêt qu’à la condition d’être libre de la mettre en œuvre.


Stratégie et liberté d’action sont indissociables à ce point que la seconde est la condition même de la première, mais également son cœur. Acteur-observateur de la guerre du Péloponnèse, élu stratège en son milieu, Thucydide conclut de cette expérience : « L’art de la guerre est l’art de garder sa liberté d’action. » C’est pour contenir l’hégémonie d’Athènes, et donc recouvrer sa liberté d’action, que Sparte se lance dans cette aventure dont elle sort vainqueur après avoir réussi à détruire l’instrument essentiel de la liberté d’action athénienne : sa flotte.


L’essence de la stratégie est de peser sur le cours des événements pour les conduire, en dépit des volontés adverses, malgré l’Autre, vers un résultat espéré : la stratégie résulte donc de la volonté d’un sujet. Si ce dernier, au lieu de maîtriser l’événement, le subit – qu’il soit naturel ou résulte de la volonté adverse –, il perd sa qualité de sujet pour devenir objet. Il n’est donc plus stratège puisqu’il ne peut plus prendre la main sur le présent, le modeler pour le conduire vers le futur voulu. Pas de surprise, donc, lorsque le général Foch, dans ses Principes de la guerre, fait de la liberté d’action – préserver la sienne, la reconstruire lorsqu’elle s’amenuise, réduire celle de l’Autre – le principe cardinal de l’art de la guerre, celui au regard duquel les autres apparaissent comme des corolaires. Pas plus de surprise lorsque, en miroir, Liddell Hart estime que la recherche de la paralysie – physique ou psychologique – de l’Autre est l’essence même de la stratégie.


La monnaie stratégique : les degrés de liberté d’action


Pas de stratégie sans « liberté d’agir », ou plutôt « libertés d’agir » au pluriel. La stratégie se structure en fonction des espaces de liberté dont dispose l’acteur-stratège pour y concevoir et conduire son action. Davantage de degrés de liberté, davantage de variantes possibles ; moins de degrés de liberté, moins de marges de manœuvre et de possibilités pour l’agir.


PLAN

  • La monnaie stratégique : les degrés de liberté d’action
  • Liberté contre liberté
  • Le problème de la pertinence des « degrés de liberté »
  • « La stratégie, c’est la liberté en acte »
  • Les champs de liberté


Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre, est général de division (2S) et professeur associé à Sciences Po Paris. Il a récemment publié La Dernière Bataille de France, Paris, Gallimard, 2016.

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État islamique : l’autre menace

Date de publication
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L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER
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La Turquie, entre coup d’État et référendum

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Le putsch de juillet 2016 a été un vrai traumatisme, mais aussi l’occasion pour le régime d’aggraver la répression interne, et de tenter de faire passer son projet de réforme constitutionnelle. Celui-ci instaure un président disposant de tous les pouvoirs, sans réel contrôle. La radicalisation de l’AKP a des conséquences politiques internes, mais aussi économiques et diplomatiques, en particulier quant à la posture du pays vis-à-vis de l’Union européenne.

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Stabilité et croissance en zone euro : les leçons de l’expérience

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La crise des dettes souveraines a agi comme un révélateur des déséquilibres et dysfonctionnements de la zone euro. Si la situation des pays de la périphérie a pu être stabilisée, les craintes se portent désormais sur les pays du centre qui – par la taille de leur économie – font peser un risque systémique sur toute l’Europe. Pour retrouver le chemin de la croissance, le nouveau gouvernement français doit réduire sérieusement les dépenses publiques et favoriser la compétitivité des entreprises.

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Les politiques européennes et le futur de l’euro

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Les causes de la crise économique et financière qui a touché la zone euro en 2008-2009 ont été mal analysées. En conséquence, les remèdes adoptés se sont révélés contre-productifs. Les déficits publics se sont creusés et les divergences entre pays du sud et du nord de l’Europe se sont accentuées. Pour relancer la croissance de manière durable dans l’Union européenne, une plus grande solidarité entre États membres s’impose et une stratégie d’investissements publics doit être élaborée.

Paolo GUERRIERI

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Vincent DESPORTES, « Stratégie et liberté d’action », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2018.
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