Vers un traité de non-prolifération pour l'intelligence artificielle ?
Dans l'actualité internationale, des voix qui s'élèvent pour demander un traité nucléaire sur l'intelligence artificielle. Hier encore, c'est le Premier ministre australien en visite au siège californien d'Apple qui appelait les Etats-Unis et la Chine à conclure un accord sur l'IA similaire au traité sur la non-prolifération nucléaire. Les Etats-Unis de leur côté ont suggéré à Pékin de "créer un mécanisme de dialogue" au sujet de l'IA. Mathilde Velliet, chercheuse à l'IFRI au Centre géopolitique des technologiques et spécialiste des relations sino-américaines analyse ces déclarations pour RTS.
Face aux risques d'une IA hors de contrôle ou détournée à des fins malveillantes, les États-Unis et la Chine partagent un intérêt commun à établir un mécanisme de coopération. Il ne s'agirait pas d'un traité de non-prolifération classique, mais plutôt d'un dispositif d'alerte mutuelle en cas de comportement dangereux d'un système d'IA, couplé à un partage d'informations sur la sûreté technique des modèles, sans pour autant ralentir le rythme de développement de chaque puissance. Cette approche est teintée de compétition par certaines propositions américaines : celle de Dario Amodei (Anthropic), qui vise aussi à freiner la progression des modèles chinois, ou celle de Steve Bannon, qui plaide pour un embargo pur et simple envers la Chine. Le débat porte ainsi sur la nature même de la coopération envisagée : un dialogue de sécurité mutuellement bénéfique, ou un outil supplémentaire de rivalité stratégique.
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