Annexion de quatre régions administratives d’Ukraine : elles "feront partie de la Fédération de Russie, c'est irréversible"
Les territoires ukrainiens de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia, reconnus indépendants par la Russie après des référendums seront "sanctuarisés, y compris jusqu'à la protection par l'arme nucléaire russe", prévient vendredi 30 septembre sur franceinfo Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie-Nouveaux Etats indépendants à l’IFRI (l’Institut français des relations internationales). Le président russe Vladimir Poutine doit présider ce vendredi une cérémonie de signature de rattachement à la Russie des quatre territoires.
« Le projet impérial russe s’est construit au fil des échecs de Moscou à imposer sa vision du monde »
Alors que la Russie entérine vendredi l’annexion de territoires ukrainiens, la professeure Marlène Laruelle, spécialiste du monde slave, analyse comment le projet impérial russe – et sa vision historique sur le long terme – s’est imposé peu à peu dans l’esprit de Vladimir Poutine. L’invasion russe en Ukraine a relancé les débats sur la nature impériale de la Russie. Mais les discussions sont souvent teintées de « présentisme » (relire les événements du passé à la lumière du présent) et mettent sous le tapis des nuances qui sont pourtant fondamentales pour comprendre ce que le Kremlin espère atteindre avec la guerre en Ukraine.
Poutine et le nucléaire : les raisons de ne pas paniquer
Pour la première fois, un pays, la Russie, brandit la menace nucléaire non pour défendre son existence mais pour appuyer l'annexion d'un territoire. Vladimir Poutine prend ainsi des libertés avec des règles en vigueur depuis trois quarts de siècle. Bluffe-t-il ? C'est sans doute le scénario le plus terrifiant qu'on puisse concevoir actuellement.Acculé, Vladimir Poutine lancerait des missiles nucléaires sur l'Ukraine. Ouvrant la boîte de Pandore d'une utilisation de ces armes apocalyptiques verrouillée depuis soixante-dix-sept ans. Avec un risque réel de riposte, conventionnelle, de l'Otan, et ensuite d'escalade nucléaire de part et d'autre.
« La guerre de Poutine contre l’Ukraine est entrée dans une nouvelle phase, encore plus dangereuse »
Avec l’organisation, par Moscou, de référendums locaux et de la mobilisation partielle, assortie de menaces nucléaires, Vladimir Poutine poursuit sa fuite en avant, affirme, dans une tribune au « Monde », la chercheuse spécialiste de la Russie Tatiana Kastouéva-Jean. « Poutine ne commencera pas la guerre contre l’Ukraine : les risques sont trop élevés et il y a plus à y perdre qu’à gagner », entendait-on en Europe avant le conflit. Il l’a pourtant fait.
Vladimir Poutine: face aux défections
La mobilisation décidée en date du mercredi 21 septembre 2022 a provoqué une fuite massive des russes mobilisables aux frontières géorgiennes et kazakhstanaises notamment. Ces scènes, surréalistes, interrogent sur la pérennité du régime du Kremlin, et sur la crise de confiance que traverse actuellement l’armée russe. Car si le début de "l'opération militaire spéciale" en Ukraine a laissé la majeur partie de la population russe dans l'indifférence, la mobilisation semble être annonciatrice d'une toute autre réaction.
La guerre en Ukraine ravive les débats sur la dissuasion nucléaire
La menace sans cesse agitée par Vladimir Poutine d’employer l’arme nucléaire, notamment des armes « tactiques », inquiète, même si beaucoup d’experts continuent de relativiser ce risque.
Military briefing: How will Russia’s mobilisation affect the war in Ukraine?
Kyiv expects new recruits to appear within two months but Moscow struggles with training and logistical obstacles.
À quel point Poutine est-il fragilisé?
Sept mois après le début de la guerre en Ukraine, la Russie traverse une mauvaise passe. Sur le terrain, l’Ukraine ne cesse de reconquérir des territoires, et sur le plan diplomatique, le mouvement d’opposition se consolide particulièrement après l’appel à la mobilisation partielle, lancé la semaine dernière par le président russe.
On voit se dessiner un nouvel axe Russie-Chine-Iran
Héloïse Fayet est revenue sur ce qui apparaît de plus en plus comme un axe Russie - Chine - Iran.
Poutine, la nostalgie de l'empire
En février 2022, Vladimir Poutine a justifié son invasion de l’Ukraine par la menace que ferait peser sur sa sécurité l’adhésion à l’Otan de certains pays frontaliers. Depuis les révolutions de couleurs, en Géorgie et en Ukraine, l’obsession du Kremlin de ne pas perdre son influence dans l’ex-espace soviétique a franchi une étape supplémentaire avec le conflit ukrainien.
Face aux crimes de masses perpétrés par la Russie, comment arrêter Vladimir Poutine ?
En réaction aux terribles massacres de Boutcha, les Occidentaux ont pris de nouvelles sanctions contre Moscou. Jeudi, la Russie perdait son siège au conseil des droits de l'homme à l'ONU. Mais comment arrêter ces massacres ? Jusqu'où ira Vladimir Poutine ?
Faut-il livrer des armes lourdes à l'Ukraine ?
A l'heure où l'Ukraine exprime son besoin en armes qui est "réel [et] criant", se pose la question du type d'équipements à envoyer.
Guerre en Ukraine : les armes qui ont fait la différence
Durant la première phase de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les missiles antichars, antiaériens et les drones de combat employés par les troupes ukrainiennes ont été parmi les armements les plus visibles et les plus efficaces.
La croix et la bannière : le monde selon Vladimir Poutine
Avec la guerre en Ukraine, le président russe conclut deux décennies de révolution conservatrice cimentée par la religion et le nationalisme. Les arguments mobilisés pour justifier l’invasion s’inscrivent dans un moule de pensée hétéroclite mis au service d’un patriotisme exacerbé.
Guerre en Ukraine : les quatre erreurs fondamentales de Poutine
Aveuglé par son enfermement idéologique et son mépris des démocraties libérales, le leader russe a mené son pays à une guerre désastreuse.
« Même si les Russes ne voulaient pas de cette guerre, ils attendent de leur président une victoire militaire convaincante »
Rétablissement de la grandeur, lutte contre le nazisme, rejet multiforme de l’Occident… telles sont les cordes sensibles sur lesquelles Vladimir Poutine joue pour susciter l’adhésion de la population à son intervention en Ukraine, analyse dans une tribune au « Monde » Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de la Russie.
Poutine : faut-il rompre le dialogue ?
Après le choc des images et l'indignation, voici le temps de la colère. Deux jours après la découverte des massacres de Boutcha et des autres villes de la région de Kiev, les Ukrainiens posent ouvertement la question de la complicité d'un grand nombre de pays occidentaux avec le régime de Vladimir Poutine.
« Les élites politico-militaires russes croient que le monde leur est hostile et que les Etats-Unis sont omniscients »
En lançant une guerre ouverte avec l’Ukraine, Moscou semble avoir rompu avec sa stratégie de contournement de la lutte armée interétatique héritée de la fin de la guerre froide, analyse Dimitri Minic, spécialiste de la pensée stratégique russe, dans une tribune au « Monde ».
Ukraine : quel espoir de paix ?
Après une première partie dans l'Etat indien du Kerala où s'accommodent l'hégémonie politique du parti communiste, au pouvoir depuis cinquante ans, et un Islam de plus en plus visible dans l'espace public, direction l'Ukraine pour mesurer les chances de succès des pourparlers de paix.
Dépendance à la Chine : le douloureux réveil allemand
La bienveillance de Pékin à l'égard de la Russie fait prendre conscience à l'Allemagne de l'urgence de réduire sa dépendance commerciale à la Chine. Un défi encore plus complexe que la réduction de ses importations d'hydrocarbures russes.
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