Après les élections législatives en Russie, Vladimir Poutine intensifie l’effort de guerre
Une semaine après les élections législatives russes, le Kremlin confirme la priorité accordée à l’effort de guerre : Vladimir Poutine augmente une nouvelle fois les effectifs de l’armée, tandis que les dépenses militaires devraient fortement progresser en 2027. Citée dans Le Monde, Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie de l’Ifri, analyse ce choix comme le signe d’une guerre appelée à s’inscrire dans la durée et souligne la question de son poids croissant sur une économie russe déjà fragilisée.
Après les élections législatives russes, Vladimir Poutine confirme la priorité accordée à l’effort de guerre. Une semaine seulement après le scrutin, le Kremlin a approuvé une nouvelle augmentation des effectifs de l’armée, la quatrième depuis le début de l’année, ainsi qu’une forte progression des dépenses militaires pour 2027. Le budget consacré à la défense devrait ainsi dépasser 17 000 milliards de roubles, soit une hausse de 27 %, tandis que les dépenses militaires prévues sur trois ans, jusqu’en 2029, atteindraient 50 000 milliards de roubles. Cette orientation témoigne de l’inscription de la guerre dans la durée et de la volonté de Moscou de maintenir, voire d’intensifier, ses capacités militaires, notamment en matière de drones, de missiles et de frappes contre les infrastructures ukrainiennes. Elle soulève toutefois la question du poids croissant de l’effort de guerre sur l’économie russe : les dépenses de défense représenteraient à elles seules 35 % des dépenses fédérales en 2027, dans un contexte de hausse du déficit budgétaire, de nouveaux prélèvements fiscaux et d’augmentation de la dette publique. Au lendemain des législatives, les choix budgétaires et militaires du Kremlin dessinent ainsi un horizon dans lequel la poursuite du conflit demeure au centre des priorités de l’État russe.
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L’augmentation des effectifs et un budget militaire planifié jusqu’en 2029 envoient un signal clair : pour le Kremlin, finir la guerre et démobiliser la population n’est pas un but recherché. Vladimir Poutine ne prépare pas la sortie du conflit auquel il a lié la survie de son régime. Au contraire, la guerre remplit le présent et déborde sur tout l’horizon prévisible. Avec ce budget, Moscou peut monter en intensité en matière de drones et de missiles, en frappes sur les infrastructures ukrainiennes et en pressions hybrides sur l’Europe.
Directrice du Centre Russie/Eurasie de l'Ifri
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