Face à la crise iranienne, Pékin se contente d’un soutien de façade
La Chine, première cliente du pétrole iranien, se garde bien d’intervenir directement pour soutenir Téhéran. Une chute du régime islamique serait pourtant une très mauvaise nouvelle pour Pékin.
L’an dernier, la Chine de Xi Jinping a su résister à la guerre commerciale lancée par Donald Trump, dès son retour à la Maison Blanche, le 20 janvier. Si elle a perdu des parts de marché aux États-Unis, la grande puissance asiatique a, selon l’expression du New York Times, déclenché un « tsunami d’exportations » vers l’Europe, l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est. À tel point que Pékin a enregistré en 2025 un excédent commercial historique de 1 189 milliards de dollars (plus de 1 000 milliards d’euros), en hausse de 20 % par rapport à 2024. Du jamais-vu.
« La Chine a répondu coup pour coup aux États-Unis, dans le rapport de force : d’abord sur les droits de douane, puis sur la question des terres rares, souligne Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Finalement, Trump a été beaucoup plus conciliant, notamment lors de sa rencontre avec Xi Jinping en Corée du Sud au mois d’octobre. Pékin a montré sa capacité de dissuasion et son pouvoir de nuisance. »
Pourtant, alors que la Chine s’apprête à célébrer, en février, l’année du cheval de feu, les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front géopolitique : des partenaires précieux de Pékin – le Venezuela en Amérique latine et l’Iran au Proche-Orient – sont déstabilisés. Le premier directement, par les États-Unis, après des mois de tensions ; le second par des manifestations massives et violemment réprimées. Et, dans sa rivalité stratégique avec la Chine, Donald Trump compte bien en profiter.
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Jeudi 15 janvier, Washington a annoncé un accord commercial avec l’archipel dont Pékin revendique la souveraineté. Après des mois de négociations, les États-Unis ont obtenu de Taïpei des engagements d’investissement de 250 milliards de dollars dans la fabrication de semi-conducteurs et de technologies sur le sol états-unien, en échange d’une réduction des droits de douane sur les importations taïwanaises.
En décembre, l’administration Trump avait annoncé des ventes d’armes à Taïwan pour un montant de 11,1 milliards de dollars, le plus important contrat de ce type jamais conclu par les États-Unis.
« Ce n’est pas parce que les États-Unis placent leur priorité sur l’hémisphère occidental qu’ils ne vont pas s’engager ailleurs dans le monde, y compris de manière militaire ou politique très forte, à partir du moment où ils considèrent qu’ils ont des intérêts », affirme Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (Ifri).
Ce n’est pas parce que les États-Unis placent leur priorité sur l’hémisphère occidental qu’ils ne vont pas s’engager ailleurs dans le monde, y compris de manière militaire ou politique très forte, à partir du moment où ils considèrent qu’ils ont des intérêts
Dans le cadre du grand chamboulement provoqué par Donald Trump, la Chine est certes bousculée mais nullement défaite. Elle peut en effet profiter de la perte de confiance des alliés de Washington en raison des attaques états-uniennes à répétition et leur proposer une « nouvelle phase » dans leurs relations.
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C’est ce qui s’est produit avec les visites successives à Pékin du premier ministre sud-coréen, Lee Jae Myung, et de son homologue canadien, Mark Carney. Il s’agit pour les deux pays de renouer des relations après des années de dissensions. Le dernier déplacement d’un haut dirigeant sud-coréen remontait à 2019. Pour le Canada, le prédécesseur de Mark Carney, Justin Trudeau, s’était rendu pour la dernière fois dans la capitale chinoise en 2017 avant une grande période de brouille.
Pour le chercheur Marc Julienne, avec cette visite de quatre jours, Mark Carney montre que « le Canada a d’autres options, c’est une manière de faire pression sur les États-Unis ».
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