La crise de l’industrie automobile allemande est le catalyseur du durcissement de l’UE face à la Chine
Fermetures d’usines, dizaines de milliers de licenciements, concurrence chinoise : la crise sans précédent de l’automobile allemande, incarnée par Volkswagen, pousse Berlin à revoir sa position sur les droits de douane et bouscule la stratégie commerciale de l’UE, souligne la chercheuse Marie Krpata.
Le Conseil européen des 15 et 16 octobre sera dominé par la compétitivité de l’UE, notamment sous l’angle des relations entre la Chine et l’UE. Il sera empreint de l’initiative franco-allemande de renforcer l’arsenal commercial de l’UE et de la visite du commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, en Chine.
L’accélération des discussions sur la mise en place de nouveaux instruments de défense commerciale ou la réforme des instruments existants s’inscrit dans une prise de conscience croissance de l’UE de déséquilibres structurels qui nuisent à la compétitivité européenne.
Lors de son discours sur l’état de l’Union en septembre, la présidente de la Commission européenne, rappelait que le déficit commercial de l’UE envers la Chine est d’un milliard d’euros par jour et que le « deuxième choc chinois » est déjà arrivé.
Au-delà des sphères politiques ce sont aussi les entreprises qui alertent, notamment les entreprises allemandes et leurs puissantes fédérations, à l’instar de la fédération représentant les intérêts industriels, le BDI, ou de l’Association allemande de l’industrie automobile, VDA.
Précédemment opposée aux droits compensateurs contre des constructeurs de VE chinois, l’Allemagne infléchit aujourd’hui sa position. Certaines voix, comme celle du PDG de Volkswagen (VW), réclament une concurrence plus juste. C’est aussi le cas du chancelier Friedrich Merz considérant « les importations en provenance de Chine, fortement subventionnées » comme l’une des causes de la crise de l’industrie automobile allemande.
L’automobile, moteur de l’inflexion allemande
Sans l’inflexion du positionnement allemand, les progrès des derniers mois n’auraient pas été imaginables. La crise qui touche actuellement l’industrie automobile allemande est sans précédent et elle remet en cause le modèle économique et social outre-Rhin. Ce secteur est non seulement un pilier de son économie, mais aussi de l’identité et de la fierté allemande, riche d’une tradition d’un siècle et demi.
Et pourtant, la crise actuelle est brutale. Les récentes annonces de licenciements, qui se chiffrent par dizaines de milliers (142 400 postes supprimés depuis 2019 sur les 800 000 emplois directs que compte cette industrie) semblent sonner le glas de ce modèle.
L’automobile, moteur de l’inflexion allemande
Sans l’inflexion du positionnement allemand, les progrès des derniers mois n’auraient pas été imaginables. La crise qui touche actuellement l’industrie automobile allemande est sans précédent et elle remet en cause le modèle économique et social outre-Rhin. Ce secteur est non seulement un pilier de son économie, mais aussi de l’identité et de la fierté allemande, riche d’une tradition d’un siècle et demi.
Et pourtant, la crise actuelle est brutale. Les récentes annonces de licenciements, qui se chiffrent par dizaines de milliers (142 400 postes supprimés depuis 2019 sur les 800 000 emplois directs que compte cette industrie) semblent sonner le glas de ce modèle.
C’est de ces tensions et incertitudes que profite l’Alternative für Deutschland (AfD), le parti d’extrême droite devenu la deuxième force politique dans l’est du pays. Le parti ne tarit pas de critiques envers les dirigeants de VW sur une électrification des gammes jugée trop hâtive et dépourvue de réelle stratégie. Il présente les usines dans l’est du pays comme « sacrifiables » par le Groupe dont le siège se trouve à l’Ouest.
La reconversion d’une partie du secteur vers celui de l’industrie de défense ne semble pas suffisante pour sauver tous les emplois et attise les passions et fantasmes dans un pays où le spectre du « militarisme » et des crimes de la Seconde Guerre mondiale reste très présent. La récente vente de l’usine VW à Osnabrück à des acheteurs prévoyant une coopération avec le fabricant de drones israélien Rafael Advanced Defense Systems, en est la parfaite illustration.
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- Lire l'article dans La Croix.
Marie Krpata est chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Ifri, où elle travaille en particulier sur l’Union européenne et la politique étrangère de la France et de l’Allemagne. Juriste et politiste de formation, son parcours l’a menée en Autriche, en France et en Allemagne.
>> >> Lire les publications de Marie Krpata :
- La crise allemande commence par la voiture, Contribution dans Le Grand Continent, 4 septembre 2026
- Redémarrer l’économie allemande : entre impératifs économiques, sociaux et de défense, Études de l’Ifri, mai 2026
- La stratégie industrielle de l'Union européenne : Concilier concurrence et défis géoéconomiques, Notes du Cerfa, n° 172, Ifri, octobre 2022
- L’automobile, talon d’Achille de l’industrie allemande ?, Études de l'Ifri, mars 2021
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