La victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt provoque un choc en France, à l’approche de l’élection présidentielle
Les partis politiques français ont rapidement réagi au score historique du parti d’extrême droite allemand dans le petit Land d’ex-Allemagne de l’Est, dimanche, chacun analysant les résultats selon sa perspective. L’événement a suscité de la gêne au RN, ce dernier ayant rompu, en 2024, au Parlement européen, avec l’AfD, qui avait tenu des propos ambigus sur le nazisme.
A sept mois de l’élection présidentielle de 2027, la victoire historique du parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD), dimanche 6 septembre, aux élections régionales de Saxe-Anhalt a très majoritairement choqué le personnel politique français. Après avoir obtenu près de 44 % des voix dans ce Land d’ex-Allemagne de l’Est peuplé d’à peine plus de 2 millions d’habitants, l’AfD est en mesure, à condition de parvenir à former une majorité, de s’emparer du premier gouvernement régional depuis 1945.
A gauche, cette perspective a immédiatement poussé à dresser des parallèles avec une campagne électorale française dominée par l’idée d’une victoire inéluctable de Marine Le Pen. « Ce n’est plus un avertissement. C’est un ordre de mobilisation générale qu’il faut lancer. L’internationale réactionnaire et d’extrême droite avance à visage découvert », a estimé, lundi, sur X, le premier secrétaire du Parti socialiste et candidat à la primaire, Olivier Faure. « C’est un signal d’alerte extrêmement grave, on parle d’un parti qui est ouvertement néonazi », a aussi dénoncé lundi matin, sur France 2, le coordinateur de la France insoumise (LFI), Manuel Bompard.
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« Tout le monde a réagi car c’était la bonne opportunité pour projeter les fantasmes de la scène politique française autour de la peur que l’extrême droite gagne en majorité simple et sans alliance. C’est une utilisation politique pour mobiliser ses propres troupes, en espérant qu’il déclenche un électrochoc », estime Paul Maurice, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes à l’Institut français des relations internationales, qui rappelle qu’il s’agit d’abord d’« un événement allemand », ayant eu lieu dans un petit Land spécifique de l’ex-Allemagne de l’Est.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
Sur la scène politique nationale, l’AfD, en dépit de sa première place dans les sondages, est toujours considéré comme infréquentable par le reste des formations politiques allemandes, qui maintiennent un « brandmauer » (mur coupe-feu) beaucoup plus franc que le front républicain chancelant autour du RN.
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- Lire l'article dans Le Monde.
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