Gestion des déchets et production d’électricité en Afrique : l’incinération au service de la ville durable ?
Avec la diffusion des modèles de production et de consommation modernes aux grandes villes africaines, la croissance démographique et la très forte urbanisation, la production de déchets municipaux a fortement augmenté. Les décharges insalubres se multiplient sur le continent et elles ont de graves conséquences environnementales et sanitaires.
La mauvaise gestion des déchets favorise notamment la prolifération des moustiques dans les villes. Ces dernières années, la fréquence des épidémies d’arboviroses s’est accrue. La dégradation des déchets dans des décharges ouvertes émet en outre du méthane, un gaz qui contribue directement au réchauffement climatique.
Bien que cette région du monde soit dotée de ressources naturelles abondantes, les populations subsahariennes présentent les taux d’accès à l’électricité les plus faibles au monde. Pourtant, celui-ci a une influence importante sur le bien-être d’une population : il améliore l’accès à l’éducation, à la communication et aux soins de qualité. A long terme, un faible accès aux services énergétique et électrique entrave les perspectives de développement et la faiblesse des réseaux électriques subsahariens représente un coût non négligeable pour les économies nationales.
Dans ce contexte, la technologie qui permet de produire de l’énergie à partir de l’incinération de déchets apparaît alors comme un moyen efficace de traiter ces deux problèmes d’un même front. En août 2018, la toute première centrale d’incinération du continent africain a été inaugurée à Addis-Abeba. Aujourd’hui, d’autres pays subsahariens, comme le Kenya, semblent intéressés par les centrales d’incinération. Cette technologie va-t-elle prendre son essor en Afrique subsaharienne ?
Cette note détaille en premier lieu les défis posés par l’augmentation de la production des déchets et la faible progression de l’électrification du continent. Elle analyse ensuite les avantages et limites de l’incinération comme solution. Enfin, elle tire les enseignements d’un cas d’étude sur le premier projet d’incinération en Afrique : la centrale Reppie à Addis-Abeba.
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