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Brexit : quatre questions en suspens
Grâce au COVID-19 et aux élections américaines, le Brexit a temporairement pâli sur l’écran radar médiatique. À l’approche de la date fatidique du 1er janvier 2021 (limite pour un éventuel accord entre Union européenne – UE – et Royaume-Uni), il réapparaît de plus belle. Le dossier qui s’ouvre ici pose (au moins) quatre questions fondamentales.
Breaking Up is Hard to Do. Royaume-Uni et Union européenne après le Brexit
En dépit des postures, Royaume-Uni et Union européenne cherchent tous deux un accord. Mais la stratégie du bord du gouffre de Londres, et la maîtrise de Bruxelles sur le calendrier et le déroulement des négociations pourraient ne permettre qu’un « accord faute de mieux ». De style « australien » ou « canadien », un accord commercial de dernier moment aurait de rudes conséquences économiques pour le Royaume-Uni, dans le cadre d’un Brexit menaçant le système politique et l’unité même du Royaume.
COVID-19 : l'Afrique face à une crise mondiale
La pandémie de COVID-19 a moins frappé l’Afrique que redouté. L’expérience des précédentes épidémies, la pyramide des âges, ont certes joué, tout comme la réactivité de tous les acteurs : États, sociétés civiles, organisations régionales... Les effets économiques et financiers de la pandémie n’en sont pas moins redoutables. L’aide internationale est nécessaire, mais l’expérience de la gestion de cette crise pourrait aider à redéfinir les relations entre États africains et acteurs extérieurs.
L’Amérique latine à l’épreuve du COVID-19
Les gouvernements latino-américains n’ont pas réagi de façon uniforme à la pandémie de COVID-19. Deux cas extrêmes sont le Brésil de Jair Bolsonaro, qui s’est enferré dans le déni, et l’Argentine d’Alberto Fernandez qui a opté relativement tôt pour des mesures de confinement. Le virus a frappé des États et des sociétés fragiles qui ressortiront de la crise encore plus affaiblis. La récession majeure qui s’annonce risque d’accroître des inégalités déjà fortes et d’exacerber les tensions sociales.
La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin
La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.
Les relations anglo-américaines après le Brexit : et moins si affinités ?
Le retour de la compétition des puissances, et l’érosion des moyens économiques et militaires britanniques mettent en cause la traditionnelle posture de suivisme de Londres vis-à-vis de Washington. Le Royaume-Uni ne pèse plus assez auprès des États-Unis, ni pour obtenir un accord commercial privilégié, ni en matière stratégique. Face au déclin inévitable de la relation bilatérale, Londres ne pourrait retrouver un poids diplomatico-stratégique que dans une Alliance atlantique rééquilibrée.
La coopération militaire franco-britannique après le Brexit
Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».
Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?
Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.