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Vivre avec la Russie
La Russie puise en partie sa force dans les erreurs et les illusions de l’Occident de l’après guerre froide. Sa force, bruyante, est largement en trompe-l’œil, économiquement et militairement. Ni leader ni modèle, la Russie a besoin des nations occidentales. Et ces dernières ne peuvent négliger le poids de Moscou dans des zones stratégiques du monde. Il faut considérer la Russie comme une puissance nécessaire dans un monde de la puissance en pleine recomposition.
Kissinger, ou le dernier diplomate
Kissinger inspire, dans la deuxième moitié du xx e siècle, les choix fondamentaux de la diplomatie américaine. Mais d’où viennent ses références dominantes ? Metternich et sa vision d’un ordre international conservateur, Bismarck et son relativisme démocratique y ont toute leur place. Quelle pertinence a aujourd’hui la conception kissingérienne, dans un monde marqué par la diversification des acteurs de la vie internationale et l’éclatement de l’ordre interétatique ?
Le Tesbih et l'iPhone : islam politique et libéralisme en Turquie
Jusqu’à la fin des années 1990, le discours économique porté par l’islam politique turc se caractérisait par son antilibéralisme. En acceptant l’économie de marché et en se faisant le porte-parole des « tigres anatoliens », l’AKP a donc incarné une rupture idéologique avec ses prédécesseurs islamistes. Toutefois, l’hétérogénéité de sa base électorale oblige ce parti à maintenir une ambivalence discursive sur l’UE et la globalisation.
Trump et la crise de la démocratie américaine
La victoire de Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016 traduit une crise de la démocratie américaine. Le discours anti-élites, anti-système et anti-immigration de l’homme d’affaires new-yorkais a notamment séduit l’électorat blanc peu diplômé des États désindustrialisés. La campagne électorale a été caractérisée par la prolifération des déclarations outrancières voire mensongères. Les États-Unis sont entrés de plain-pied dans l’ère de la « politique post-vérité ».
Crise de l’Union européenne ou crises de la démocratie ?
Les institutions européennes sont régulièrement mises en cause pour leur déficit démocratique. Pourtant, depuis les années 1990, les traités successifs ont instauré différents instruments permettant de pallier ce déficit. Aujourd’hui, la crise de l’Union européenne est sans doute plus profonde et dépasse la question du fonctionnement des institutions. Elle touche la confiance même qu’ont les citoyens dans le projet d’intégration et dans la démocratie.
Un renouvellement de la démocratie par le bas ? Les mouvements Indignés et Occupy
Depuis 2011, d’importantes mobilisations citoyennes dénoncent les politiques d’austérité et les dysfonctionnements de la démocratie représentative. Des mouvements comme les Indignés ou Occupy réclament la mise en place de nouvelles formes de pratiques démocratiques. Toutefois, pour pouvoir perdurer et se développer, ces mouvements sont obligés de s’insérer, au moins partiellement, dans le jeu politique traditionnel. L’émergence de Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne en est l’illustration.
Orban et le souverainisme obsidional
Les régimes d’Europe centrale tentés par l’autoritarisme et le souverainisme s’appuient sur le retour à un passé mythique, qui s’articule paradoxalement à une reprise de certaines pratiques des temps communistes. D’autres dimensions caractérisent leur glissement hors de l’état de droit démocratique : rapport aux médias, à l’opposition… Ces régimes vont à l’impasse. Seules les sociétés civiles et l’Union européenne peuvent s’opposer à une dynamique dangereuse bien au-delà de ces pays.
Faire face à la Russie
Moscou cherche à remettre en cause l’ordre international libéral dominé par les États-Unis. Le président Poutine multiplie les coups de force et tente de diviser les Occidentaux. Il promeut une « révolution conservatrice » et soutient les formations populistes en Europe. Pourtant, la Russie est plus faible qu’il n’y paraît. Son économie est chancelante et sa structure démographique problématique. Face aux coups de boutoir de Moscou, les capitales occidentales doivent faire preuve de fermeté.