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L’African National Congress ou le difficile exercice du pouvoir

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Politique étrangère, vol. 82, n° 3, automne 2017
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Page couverture PE n° 3 2017
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L’African National Congress (ANC), qui gouverne l’Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid, est en déclin. Le parti est secoué par des affaires de corruption qui touchent le président Jacob Zuma et a perdu la confiance d’une partie de ses électeurs. Concurrencé sur sa gauche et sa droite, il a été battu aux élections municipales de 2016 dans plusieurs grandes villes. L’avenir de l’ANC se jouera en partie à sa conférence nationale en décembre 2017 où la succession de Zuma doit être réglée.

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Le 8 janvier 2017 l’African National Congress (ANC) fêtait à Soweto son 105e anniversaire. Des dizaines de milliers de personnes des différentes provinces rendaient hommage à l’un des plus anciens mouvements de libération du continent, parti au pouvoir depuis les premières élections libres de 1994. L’ancienneté du parti et cette capacité de mobilisation rappelaient son poids et sa légitimité incontestés dans l’espace politique sud-africain. Depuis sa création en 1912, l’ANC a su se régénérer, se transformer et s’adapter, passant notamment du statut d’« organisation terroriste » durant la période d’apartheid à celui de mouvement respecté et célébré à travers le monde. Son prestige est notamment lié à sa contribution majeure à une transition démocratique réussie, articulée autour de l’idée de réconciliation promue par la figure iconique de Nelson Mandela.


Depuis la fin de l’apartheid, l’ANC exerce le pouvoir de manière quasi hégémonique et se confronte à une nouvelle phase de sa longue histoire : la mutation d’un mouvement de libération en parti de gouvernement, responsable des politiques publiques et devant rendre des comptes aux électeurs. De telles mutations sont légion sur le continent, et l’on a souvent observé ailleurs des organisations suivant des trajectoires peu conformes aux normes démocratiques, et contrevenant à leurs idéaux fondateurs. Le cas de la Zimbabwe African National Union (ZANU) au Zimbabwe en est l’illustration la plus évidente. L’Afrique du Sud est aujourd’hui une démocratie qui organise des élections transparentes et où les contre-pouvoirs sont nombreux. On peut notamment citer des médias libres et de qualité, une opposition et une société civile structurées, des intellectuels présents dans le débat public, une autorité judiciaire indépendante et efficace : tant d’éléments qui devraient prémunir l’ANC, et l’Afrique du Sud, d’une dérive comparable à celle de son voisin zimbabwéen.


Pourtant, plus de 25 ans après la fin de l’apartheid, certains éléments suscitent de vives inquiétudes. Tout d’abord, une partie de la population sud-africaine est confrontée à une situation économique et sociale délétère. Les inégalités demeurent très importantes, le taux de chômage très élevé, l’accès aux services publics déficient. Plus inquiétant, les disparités sociales sont encore souvent calquées sur des disparités raciales. Ceci met à mal l’idée de réconciliation, notion fondatrice de l’Afrique du Sud post-apartheid, qui ne s’est pas suffisamment matérialisée en transformations concrètes pour une partie de la population. Les dividendes économiques de la démocratie se font encore attendre.


PLAN

  • Un repli électoral
  • Un président décrédibilisé
  • Divisions dans un contexte de succession


Victor Magnani est chargé de projets au programme Afrique subsaharienne de l’Ifri.

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L’African National Congress ou le difficile exercice du pouvoir

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Victor MAGNANI

Intitulé du poste

Ancien Chargé de projets, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

Date de publication
22 septembre 2017
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Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.

Pierre CONESA
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Retour sur la crise du Golfe de 2017

Date de publication
22 septembre 2017
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La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.

Rachid CHAKER
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Arabie Saoudite : la guerre des trois n’a pas eu lieu

Date de publication
22 septembre 2017
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La « saoudité » reste difficile à définir, et elle suggère à la fois un type de débat politique très spécifique et la peur profonde d’une implosion immaîtrisable. C’est dans ce cadre que s’inscrit la relation conflictuelle avec le Qatar, représentant pour Riyad une idéologie des Frères musulmans antagonique avec ses propres conceptions. La modification de l’ordre de succession royal entérine un saut de génération, et un printemps arabe ne semble pas devoir toucher prochainement Riyad.

Jacques-Jocelyn PAUL
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Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique

Date de publication
22 septembre 2017
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Depuis une décennie, l’intérêt de la Russie pour l’Arctique s’est développé. Des projets économiques ont vu le jour, en particulier dans le domaine énergétique et en matière de transport maritime. Cette région – qui héberge la plus grande part de l’arsenal nucléaire russe – est importante pour Moscou sur le plan militaire. Si des tensions avec d’autres États arctiques ne sont pas à exclure, la Russie a intérêt à maintenir une stabilité propice au développement économique.

Katarzyna ZYSK

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Victor MAGNANI, « L’African National Congress ou le difficile exercice du pouvoir », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2017.
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L’African National Congress ou le difficile exercice du pouvoir