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Retour sur la crise du Golfe de 2017

Politique étrangère Articles
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Politique étrangère, vol. 82, n° 3, automne 2017
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Page couverture PE n° 3 2017
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La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.

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La rupture des relations diplomatiques annoncée le 5 juin 2017 entre le Qatar d’une part, et l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte d’autre part, semble avoir surpris bon nombre d’observateurs. En effet, jamais une escalade diplomatique entre les monarchies arabes du Golfe n’avait atteint un tel sommet. Cette crise, même si elle surprend par son ampleur, n’est pas la première entre États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG).


En 2014, Riyad, Abou Dhabi et Manama avaient déjà rappelé leurs ambassadeurs à Doha. Ils reprochaient au Qatar certains aspects de sa politique étrangère, et notamment son soutien politique et financier à la confrérie des Frères musulmans. À l’époque déjà, le soutien du Qatar aux Frères musulmans – mouvement politico-religieux fondé en Égypte en 1928 – était donc au centre des querelles, notamment en raison de l’hostilité affirmée des Émirats arabes unis et du roi Abdallah d’Arabie Saoudite envers ce mouvement. Après plusieurs mois de brouille diplomatique, le Qatar s’était engagé auprès de ses voisins à ce que les Frères musulmans n’opèrent plus depuis le petit émirat peuplé de deux millions d’habitants. En dépit de cette accalmie et d’une unité de façade retrouvée – notamment en raison de convergences sur le dossier syrien –, plusieurs événements récents laissaient présager de jours difficiles entre les monarchies du Golfe.


Des rivalités récurrentes


Une diplomatie proactive

La liste des griefs des voisins du Qatar à son encontre est longue. Sous l’impulsion du précédent émir, Hamad ben Khalifa Al-Thani, le Qatar a initié une politique étrangère ambitieuse, entrant fréquemment en opposition avec celle de ses voisins arabes.


Dès 1996, l’émir Hamad a lancé la chaîne satellitaire Al-Jazeera. Dans un monde arabe où la presse était alors majoritairement soumise à la censure, et se contentait de faire la promotion des régimes en place, le lancement de cette chaîne d’information en continu depuis Doha, qui offrait un regard critique nouveau sur le monde arabe et ses dirigeants, révolutionna l’information arabe. […]


PLAN

  • Des rivalités récurrentes
     - Une diplomatie proactive
     - Les révolutions arabes ou le temps de la discorde
  • La crise de juin 2017 : pourquoi maintenant ?
     - Un lien avec la visite de Donald Trump dans le Golfe ?
     - Le piratage de l’agence de presse qatarie : le prétexte ?
  • Quels objectifs ?
     - Le précédent omanais
     - Le Conseil de coopération du Golfe : le projet saoudien d’union politique
  • Les réactions internationales
     - L’embarras des Occidentaux
     - L’indéfectible soutien turc
     - L’Iran, grand gagnant de la crise ?
     - La surprise africaine
  • Quelles perspectives ?
     - Les potentielles conséquences à long terme


Rachid Chaker est doctorant et chargé d’enseignement en relations internationales à l’université Paris-2 Panthéon-Assas. Sa thèse porte sur les rivalités d’influence dans le golfe Persique depuis la guerre d’Irak de 2003.

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Retour sur la crise du Golfe de 2017

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Mexique : de la violence et autres démons

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.

Ilan BIZBERG
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Colombie : la longue marche vers la paix ?

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22 septembre 2016
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Le conflit qui oppose la guérilla des FARC à l’État colombien a fait 220 000 morts entre 1958 et 2012, date à laquelle des négociations de paix ont démarré à La Havane. Les forces armées colombiennes ont conduit une campagne de contre-insurrection efficace qui a fortement affaibli les FARC. En juin 2016, gouvernement et rebelles ont signé un accord historique. Le cessez-le-feu paraît néanmoins fragile et la paix reste à construire.

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Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?

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Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux

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Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.

Thibault BOUTHERIN

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Rachid CHAKER, « Retour sur la crise du Golfe de 2017 », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2017.
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Retour sur la crise du Golfe de 2017