Midterms 2026 : la victoire des démocrates est "avant tout un vote sanction contre Trump", assure Laurence Nardon
Laurence Nardon, responsable du programme Amériques de l’Ifri, créatrice du podcast hebdomadaire "New deal" sur la politique américaine, livre son analyse sur les résultats des midterms, qui donnent les démocrates grands vainqueurs au Congrès américain.
La victoire du parti démocrate aux élections de mi-mandat, "c'est avant tout un vote sanction contre Trump", assure Laurence Nardon, responsable du programme Amériques de l'Institut français des relations internationales (Ifri), créatrice du podcast hebdomadaire "New deal" sur la politique américaine, sur France Inter, mercredi 4 novembre. Les démocrates ont décroché la majorité absolue au Sénat et ils s'apprêtent à remporter la Chambre des représentants. "Une très grosse vague bleue", souligne Laurence Nardon.
Selon elle, "les électeurs sont excédés de la brutalisation de la vie politique, de la corruption énorme qu'il y a depuis deux ans" et de l'augmentation du coût de la vie, notamment des prix des carburants et des assurances santé. "Je ne suis pas sûre pour autant qu'il faille parler d'une adhésion aux idées démocrates, parce que déjà il n'y a pas une idée démocrate, il y a des courants extrêmement différents et totalement contradictoires", explique la responsable du programme Amériques de l'Ifri.
"Trump lâche les losers en pleine campagne"
Donald Trump a assuré, mardi soir, auprès du New York Times, qu'il reconnaitrait la défaite. Sur Fox News, le président américain a salué le "bon boulot" des démocrates pour ces élections de mi-mandat. "On avait vraiment pensé à tous les scénarios, à nouveau un appel à des émeutes, et c'est ce qui ne semble pas se produire", affirme Laurence Nardon. D'après elle, Donald Trump, qui "déteste être un loser, ne va pas aller soutenir les losers de son propre camp". Et de détailler : "C'est vraiment Trump qui lâche les losers en pleine campagne, donc son propre camp aujourd'hui, et se rapproche de ceux qui lui semblent avoir le vent en poupe. C'est vraiment ça, la psychologie de Trump qu'on connaît le mieux."
Pour Laurence Nardon, l'explication est aussi "technique", car il s'agit là de "milliers d'élections locales avec des candidats, des enjeux locaux" et "si Trump veut les contester, il ne peut pas toutes les contester d'un coup, il va en contester une ou deux par-ci par-là".
"La campagne présidentielle commence maintenant"
Même si le président américain va pouvoir continuer à gouverner par décrets, comme il le fait depuis deux ans, "il est certain que le Congrès va se réveiller et que maintenant ça va être encore plus difficile pour lui de faire passer des budgets", souligne Laurence Nardon. "Il va y avoir sans doute le retour des sanctions contre la Russie, et puis énormément d'enquêtes qui vont être lancées par les commissions de la Chambre et du Sénat contre les membres de la famille Trump pour corruption, les bavures de l'ICE par exemple, donc oui ça va partir dans tous les sens", affirme la spécialiste des États-Unis.
Avec ce ras de marée démocrate, "la campagne présidentielle de 2028 commence maintenant", explique Laurence Nardon. Selon elle, les démocrates doivent présenter "un front uni" et se ranger derrière "un candidat unique pour 2028", tout en composant entre "un courant très à gauche et un courant modéré".
À écouter sur le site de Radio France.
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