Gaza et les diplomaties latino-américaines : un regain d’engagement multilatéral pour la Palestine ?
Depuis le 7 octobre 2023 et les représailles israéliennes dans la bande de Gaza, la guerre met en tension quelques-unes des dernières digues qui évitent à l’ordre international d’imploser, notamment le respect du droit international et du droit humanitaire, et le multilatéralisme. Dans cette perspective, qu’est-ce que les positionnements des États latino-américains face à la guerre à Gaza nous disent de cet ordre international en recomposition ? Qu’est-ce que ces positionnements nous apprennent sur la nature des rapports entre les États de la région et entre ceux-ci avec le reste du monde ?
Points clés
- Depuis le 7 octobre, les États latino-américains expriment leurs positions à l’égard de la guerre à Gaza notamment au sein du système onusien. On identifie en particulier les votes de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) ou encore de l’engagement d’une procédure par l’Afrique du Sud contre l’État d’Israël.
- Si la plupart des États latino-américains ont condamné les attaques du 7 octobre menées par le Hamas, on distingue ceux qui ont pris des mesures diplomatiques en réaction aux représailles israéliennes dans la bande de Gaza (Belize, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Honduras) de ceux qui maintiennent des relations étroites avec Israël (Argentine, Salvador, Guatemala, Paraguay, Uruguay). Ces divergences de vues s’expliquent autant par la diversité des intérêts stratégiques que par les trajectoires distinctes de politique étrangère.
- Les réactions des États latino-américains à la guerre à Gaza remettent en question l’idée selon laquelle il y aurait une position homogène du « Sud global » articulée autour de l’émancipation et l’autonomie. Ce dernier s’apparente davantage à un « fait géopolitique » qu’à un groupe homogène.
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